"Sergie Rezza" © Cyprien Rose

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La qualité des amuse-bouche de la nouvelle édition du festival Weather place la barre assez haut sur l’échelle de nos attentes. Difficile de ne pas faire preuve d’impatience tant les évènements de la semaine prochaine sont appétissants

Comme l’an passé c’est l’institut du monde Arabe qui s’est chargé de donner le coup d’envoi, et comme l’an dernier l’acceuil est loin d’être désagréable. Ceux qui n’ont pas eu l’occasion de voir Man From Tomorow avec Jeff Mills au Musée du Louvre ont leur session de rattrapage (27 mai) : le film produit par Axis Records et Jacqueline Caux fait salle comble. Visionnaire, avant-gardiste, intellectuel, Jeff Mills fascine, toutes générations confondues.

Sergie Rezza, c’est un répertoire complémentaire à la collaboration qui unit Dj Deep et Roman Poncet, déjà partenaires avec Adventice. Fraîchement fabriqué dans les studios Red Bull, le live se déroule dans la partie sphérique de la salle du haut conseil de l’IMA, au neuvième étage. Le duo fait face au public et dès les premières notes, les invités qui entrent d’abord timidement se fraient rapidement une place au plus près des machines afin de ne pas en perdre une miette tant l’espace n’est pas extensible. Ils écoutent avec attention, dodelinent de la tête et ondulent, jusqu’à faire corps avec cette vague hybride et envoûtante qui émane des haut-parleurs. Une génération sépare les artistes, et si leurs attitudes sont un peu différentes, ensembles ils façonnent une partie de la musique électronique de demain.
Dès le départ Roman Poncet est fougueux au-dessus des machines, on sent le côté “carré” du technicien. Dj Deep, également concentré, adopte un style plus “à l’ancienne” ; Il semble capter les énergies, il s’en inspire puis redistribue ses émotions dans le mixe. Parfois son jeune protégé lui fait signe d’être attentif à la timeline du live. Deep acquiesce, pourtant tel un maître d’arts martiaux, c’est de temps en temps les yeux fermés qu’il s’approprie une partie du voyage. Le public au départ discret n’est pas insensible à leur proposition, les encouragements répondent aux fines textures élaborées par le duo. Les sourires illuminent les visages de chacun, heureux de participer à l’évènement qui n’est autre que la première mondiale d’une formation qui aura surement sa place dans bien des festivals !
Pépé Bradock © Cyprien Rose

L’ambiance monte, et environ quinze minutes avant le fin du live de Sergie Rezza, Pépé Bradock est dans les starting blocs. Il prépare ses vinyles, ses pochettes parlent aux yeux de ceux qui les voient : le voyage va se poursuivre ! Devant ses platines le Dj semble très impatient de partager ce moment. Ses doigts tremblent un peu, équipé de vinyles mais aussi de digital et d’effets, la première partie de son set voue une véritable ode à la transe et à ses origine, sans frontières stylistiques, sans concessions. Après plusieurs minutes de montées hypnotiques, Pépé Bradock regarde la salle, il sourit, répond aux sourires, et poursuit son chemin « chamanique » avant d’aborder une transition électronique avec Goldie et Mr Fingers. Difficile de décoller du dancefllor pour aller chercher à boire, tant la suite du set est impeccable…

© Cyprien Rose

Voici certains de ces moments, en quelques boucles vidéo,  y compris des images du lendemain, lors de l’excellent live du duo Italien Voices from The Lake… 

Les Off c’est également ce week-end, et pour en savoir davantage sur l’ensemble de la programmation c’est par ICI !