Art of road surface2 © Junichi Hakoyama

Les surfaces de Junichi Hakoyama7 min de temps de lecture

Junichi Hakoyama est un photographe Japonais. Son Leica, il le vénère, totalement amoureux de son design et dévoué à l’aspect « artisanal ». Lorsqu’il le peut, il passe ses journées à prendre des photos, particulièrement pendant les week-ends.

Enfant, Junichi aime dessiner et passe la plupart de son temps à créer des images, affirmant son goût pour la conception lorsqu’il est étudiant, un chemin tout tracé vers la photographie… Son travail revêt la parure d’un académisme consacré à la géométrie, à l’architecture, et l’urbanisme est clairement mis en scène.
(English version below)
Quelques mots sur vos inspirations ?

J’ai commencé mon travail de création photographique il y a dix ans, lorsque j’ai acheté un Leica M3. Je prenais différents types de photos, et j’ai commencé à avoir une vision très claire de ce qui me plaisait, depuis je crée uniquement des photographies selon ma propre thématique. Mon unique envie consiste à remuer, et élargir, l’imagination du public. Pour cela j’utilise trois styles particulièrement expressifs. L’un est “la simplicité” : je souhaite faire simple car cela laisse moins de place à l’imagination, une photo ne doit pas contenir trop d’informations. Le second est “lumière et ombre” : la lumière révèle les informations nécessaires à la compréhension et ajoute une touche de dynamisme. L’ombre élimine l’excès d’informations et sollicite l’imagination. Le troisième est que chacun puisse laisser son imagination voler librement… Mon inspiration vient de l’espace créé par la lumière et l’ombre, cet espace existe pour seulement un moment, un court instant, voilà pourquoi je le trouve attrayant.
 
Waves © Junichi Hakoyama
Le noir et blanc est l’unique moyen, ou le plus direct, pour exprimer ce que vous voulez montrer ? Travaillez-vous toujours avec un Leica ?

Je ne peux pas penser à quelque chose qu’à du noir et blanc, selon moi les photographies en couleurs transmettent bien trop d’informations, elles ne laissent aucune place à l’imagination. Quant à la caméra, j’utilise seulement le Leica M Monochrome, qui est fait pour prendre des photos en noir et blanc. Et puis, en raison de son histoire, de la tradition établie de longue date et transmise de génération en génération, cet appareil me procure une satisfaction profonde.
 
Place beside the sea © Junichi Hakoyama
Dans dans le cadre vos photos, il y a toujours une personne seule, est-ce toujours le même modèle ?

Je n’utilise aucun modèle. J’attends seulement le bon moment, celui où les gens passent, créant ainsi ce jeu subtil entre la lumière et l’ombre.

Les personnages présents sur vos images nous aident à mieux saisir l’immensité du décor. Cependant, ils semblent lointains, insaisissables, un peu comme s’ils souhaitaient se protéger de ce que l’homme construit… Vous travaillez avec “la lumière” et “l’ombre”, mais “le pouvoir” et “la fragilité” semblent également être des éléments essentiels à votre travail.

La manière dont je prends les photos est basée sur le fait de comment je veux que le public voie le personnage puis développe son imagination. Par exemple ce que pense le personnage, où il va, dans quel type de situation il se trouve… Le terme “fragilité” pourrait effectivement être le mot juste, dans une certaine mesure.
 
Cold morning © Junichi Hakoyama
Quelles sont vos sensibilités picturales, et musicales ?

Je suis fan d’Henri Cartier-Bresson. Les compositions de ses photographies sont magnifiques, elles ébranlent mon imagination. Lui et moi avons un petit point commun, il a également utilisé un Leica, à une époque antérieure. Je serais très curieux de savoir comment Henri se sentait lorsqu’il prenait ses photos… Pour ce qui est de la musique, je n’ai pas de références particulières, mais j’écoute souvent du jazz.

Art gallery © Junichi Hakoyama
Vous aimez jouer avec l’imagination de ceux qui regardent vos photos, jouons un peu avec la vôtre… Imaginez le cas ou nous vous proposons d’envoyer une photo dans l’espace, un peu de la même manière que si l’on envoyait un message dans une bouteille à la mer…  Que souhaitez-vous envoyer dans l’espace ?

Je pense à votre question, mais je ne peux pas y répondre immédiatement. Peut-être parce que je n’ai pas encore été en mesure de prendre une photo qui me satisfait totalement ?

Sunshade © Junichi Hakoyama
 
English version.
 
Junichi Hakoyama is a Japanese photographer. Interested in Leica’s persistent belief in craftsmanship, and its beautiful design, Junichi worships his camera. When he can, he spends his days taking pictures, especially during weekends. As a child, Junichi likes to draw and spends most of his time to create images, claiming his taste for design when he become student, a clear path to photography… His work takes an academic finery on geometry, architecture, where urbanism is clearly staged.
Few words about your inspirations ?

 

I purchased an M3 about ten years ago, and from that point on, I started my creative work in photography. While I was taking different types of photographs, I started to have a clear vision of what I liked; now I create photography based on my own theme. wich is to stir and expand the audience’s imagination. That’s my theme. In order to express this theme, I specifically use three expressive styles. One is simplicity. I try to make it simple because it leaves no room for the imagination if there is too much information in a photograph. The second is light and shadow. Light brings the necessary information into focus and gives a sense of dynamism. Shadow eliminates excess information and adds imagination. The third is the lone individual who lets the imagination fly. My inspiration comes from the space created by light and shadow. The space created by light and shadow exists for only a moment, that’s why I find it attractive.

 

Black and white is the only way, or at least the more direct, to express what you want to show ? Are you still working with a Leica ?
 
I cannot think of anything but black and white because color photographs transmit too much information and leave no room for the imagination. As for the camera, I only use the Leica M Monochrome, which is made to shoot black and white photos. Taking photos with a Leica camera leads to great satisfaction because of its long-established history and tradition that has been handed down for generations.


There is always one person in your photos, is it always the same model ?

I do not use models at all. I just wait for the right moment as people pass by creating the light and shadow.

 

The characters on your images helps us to better grasp the immensity of the scenery. However, they seem distant, elusive, like if they wanted to protect themselves from what man builts … Your work is about  » light  » and  » shadow » , but it seems  » power  » and  » fragility  » are also essential to your work.

 

I shoot images based on the standard of how I want the audience to see the character and expand their imagination as to what the character is thinking, where the person is going, and what type of situation the person is in. The term “fragility” might be the right word to some degree.

 

What are your pictorial and musical sensibilities ?

 

I am a fan of the photography of Henri Cartier-Bresson. His photographs are beautifully composed and stir my imagination. I have a certain thing in common with him in that he used a Leica camera at an earlier time. This prompts my speculation to wonder how Henri felt when taking photos. As for music, I often listen to jazz, but I am not very particular about music.

 

You like to play with our imagination, so lets play around with your own one… Imagine that we offer you a possibility to send a photo in space, just like the same way if you would have to send a message in a bottle, into the sea … What would you like to send into space ?

I think about it but I cannot come up with an answer immediately. Maybe, it is because I have not been able to shoot a photo that I am satisfied with.