Le Rider New Age vu par King Britt3 min de temps de lecture

King Britt © Shayan Ashgharnia
 
 
 
 

Les caprices, parfois extravagants, exigés par les artistes lors de leurs tournées agacent sérieusement les organisateurs de concerts et alimentent les conversations, fans et haters confondus. Si l’on constate de plus en plus de demande concernant le végétarisme et les produits bio, certaines personnalités font le choix d’évoluer vers davantage de spiritualité. C’est le cas de King Britt qui lors d’un entretien avec Molly Eichel pour le média philly.com révèle qu’il peaufine sa collection de bouquins en demandant qu’on lui offre un livre… Pas très rock star attitude tout ça !

 

 

Dans le jargon musical, les artistes où leurs représentants transmettent leurs requêtes via un “rider”. Si le précieux document contient les informations nécessaires au bon déroulement du concert (sonorisation, éclairage, scène, salle, personnel, loges, catering, repas…), il révèle souvent bien des surprises… En guise d’exemples philly.com cite le leak du rider de la tournée de Madonna où l’on apprend qu’elle demande 20 lignes téléphoniques internationales ! On découvre que Mötley Crüe souhaite avoir une mitraillette, un boa constrictor de plus de trois mètres, un poupon gris mais également une liste des réunions des AA du coin. Amateur de sucreries Van Halen demande des M&Ms, mais sans ceux de couleur marron… King Britt, lui aussi à joué avec son rider, comme lorsqu’il fut programmé pour jouer au World Financial Center. Après avoir vu un documentaire sur Led Zeppelin avec son groupe, ils se disent sur le ton de la plaisanterie : « Mettons un gong sur le rider ». Arrivés sur les lieux du concert ils constatent amusés que leur volonté a été respectée, ils allaient donc devoir l’utiliser, l’ouverture et la fermeture de ce spectacle résonnent : “gong”.

King Britt n’est pas végétarien, il demande de l’eau, des fruits secs et des produits sains. Cependant il exige désormais qu’on lui offre un livre de poche ! L’idée lui est venue deux ans plus tôt, quand avec quelques amis ils discutent de leurs requêtes respectives. Comparé à celui des autres, il trouve son rider un brin ennuyeux, notamment parce qu’il ne boit pas. Il demandait bien une bouteille de Johnnie Walker Blue pour ses invités, mais lassé de ce gaspillage il se dit qu’il serait plus intéressant de voir comment sa personnalité est perçue par les promoteurs. Il leur demande donc d’acheter un livre dont ils pensent qu’il aimerait le lire. La plupart des livres qu’on lui offre parlent de musiciens ou de poésie, il y a aussi des bouquins à propos  du Black Power. Lors d’une date dans le Kansas l’organisateur, un homme blanc straight-edge qui suit un cours sur la littérature noire à l’université demande au DJ s’il s’intéresse à Amiri Baraka et précise que notre époque a besoin de ce genre d’oeuvres. King Britt qui voyage dans le monde entier ne s’attendait pas à trouver au Kansas deux des meilleurs livres qu’il n’ait jamais lus. Bonne nouvelle : selon l’artiste beaucoup de ses confrères tentent aujourd’hui de l’imiter, gageons que l’initiative s’étende au delà des riders, offrez des livres !

Source : philly.com

Bonus : faire de l’art avec des riders c’est possible ! Henry Hargreaves, photographe néo-zélandais d’art et de mode à crée Band Riders, une collection élaborée à partir des riders qu’il s’est procuré (Marilyn Manson, New Kids on the Block, Busta Rhymes…)