Angelo Cruzman (Dreems) et Jacoby livrent, avec Wonder, un album construit autour d’une pop artisanale et lumineuse. Un disque qui privilégie la cohérence formelle, le jeu collectif et une expressivité assumée, sans chercher la rupture ni l’effet de style
Fondé sur le collage, la mélodie et un songwriting lisible, Wonder s’inscrit dans une tradition pop expansive mais contenue. L’album, signé Angelo Cruzman (aka Dreems) et Jacoby chez Multi Culti, avance sans ironie ni distance critique marquée, misant sur une écriture accessible et une production homogène, parfois au détriment de la tension ou de la surprise. L’ensemble repose sur une production homogène et des arrangements maîtrisés, qui favorisent la continuité d’écoute plutôt que les contrastes marqués…
Une entrée sans détour

Dès Welcome, la guitare installe un cadre simple et immédiat. Le disque se positionne clairement du côté d’une musique jouée, centrée sur le groove et la structure des morceaux. Cette frontalité facilite l’écoute mais réduit volontairement l’ambiguïté ou la complexité formelle. Le collage comme méthode : le travail sur Wonder s’inscrit dans une filiation évidente avec The Avalanches, notamment Since I Left You, où le sample devient un outil narratif plutôt qu’un simple ornement. Là où cet album poussait le vertige et la saturation à un niveau élevé, Wonder adopte une approche bien plus retenue, privilégiant la continuité d’une piste et sa lisibilité.
« Wonder privilégie la cohérence d’ensemble et la lisibilité formelle, en assumant une écriture pop directe »
— Houz-Motik
Choix formels et limites

Anything illustre cette logique. La reprise de When I See You Smile de Bad English transforme une ballade rock emphatique en funk filtré aux accents tropicaux. Le traitement est cohérent avec l’esthétique globale de l’album, mais laisse le morceau dans une zone intermédiaire, sans prise de position marquée. Stabilisation en fin de parcours, le morceau éponyme, Wonder, développe une pop ample et structurée, tandis que Sing-a-Song pousse cette dynamique jusqu’à une euphorie continue.
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Right Direction recentre l’ensemble : tempo ralenti, arrangements plus denses, écriture moins démonstrative. Le disque y gagne en équilibre. Wonder s’inscrit dans une tradition de pop artisanale fondée sur le collage, la mélodie et une expressivité directe. L’album privilégie la cohérence formelle et l’accessibilité, au détriment parfois de la tension ou de la surprise. Un disque lisible, construit, dont les choix esthétiques sont clairement assumés.
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