Pochette du disque Record

Tracey Thorn, nous l’avons rencontrée à Paris

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Démarrer

Tracey Thorn : une grande partie du public ne la connaît qu’au sein du mythique duo Everything But The Girl, ou pour avoir prêté sa voix à Massive Attack. Rencontre avec une chanteuse singulière qui, depuis le début des années 80, livre des œuvres engagées, à l’image de Record, son nouvel album.

Après avoir formé Marine Girls, son premier groupe alors qu’elle était encore à l’école, Tracey Thorn livre un premier album solo, A Distant Shore, en 1982. Elle consacre les 17 ans qui suivent au duo avec Ben Watt, Everything But The Girl, dont des titres tels que Missing ou Before Today deviennent des tubes. Après un break volontaire pour se consacrer à sa famille, elle marque son retour en 2007 avec Out of The Woods, suivi en 2010 par Love and Its Opposite, sur lequel elle collabore avec Al Doyle (Hot Chip), Leo Taylor (The Invisible), Jens Lekman, Cortney Tidwell ou encore le guitariste Jono (Jagwar Ma). Tracey Thorn compte également à son actif quelques singles, une bande originale de film, sans oublier ses collaborations, que ce soit avec Massive Attack, ou avec John Grant.

Chanteuse (dont la voix assurée et généreusement texturée est certainement l’une des plus belles de l’histoire musicale de ces 40 dernières années), auteur-compositeur et écrivain, Tracey Thorn écrit également une chronique bimensuelle « Off the Record » pour New Statesman. Ses deux premiers livres, Naked at the Albert Hall, Bedsit Disco Queen et, plus récemment, Another Planet: A Teenager in Suburbia, ont été plutôt bien accueilli, tant par la presse que par son public. En quatre décennies, ses chansons et son écriture expriment sa vision lucide et touchante de la condition féminine.

Si Love and Its Opposite reflétait une crise de la quarantaine, avec son lot de divorces et d’hormones, Record représente le soulagement qui s’en suit, comme une libération, et signe le début d’une nouvelle phase de vie où je n’accorde plus d’importance à rien (Tracey Thorn)

Paru le 2 mars 2018, Record est le cinquième album studio de la chanteuse et compositrice anglaise, enregistré avec le producteur Ewan Pearson et plusieurs autres artistes, dont les chanteuses Shura et Corinne Bailey Rae, la batteuse Stella Mozgawa, la bassiste Jenny Lee Lindberg et le guitariste Jono Ma. Publié par Merge Records, ce disque parle de liberté et d’émancipation.

Alors que les neufs chansons traitent de ses thèmes de prédilection, “9 bombes féministes” nous dit-elle, musicalement l’on s’éloigne des balades mélancoliques qui ont imposé sa signature vocale, l’ensemble, captivant et pleinement en phase avec l’époque, sort du lot de productions qui auraient tendance à se ressembler. Âgée de 55 ans, Tracey Thorn signe un album pop electro qui confirme qu’elle occupe encore le terrain, nul doute que ce disque fera date dans sa carrière.

De passage à Paris, le 27 février 2018, pour assurer la promo du disque, entre deux salves de flocons de neige, Tracey Thorn nous a accordés un peu de son temps, et de sa vision…

Tracey Thorn : entre Simplicité et efficacité

Houz-Motik. Pourquoi avez-vous choisi d’appeler votre disque “Record” ? Est-ce parce que c’était plus simple ou pour faire comprendre au public qu’enregistrer un disque n’est pas si évident, ou encore est-ce parce que c’est le disque dont vous êtes la plus fière ?
Tracey Thorn. Il n’y a pas de raisons particulières mais, d’une certaine manière, cela permet de garder une cohérence avec le mot Titre que j’ai utilisé pour d’autres chansons. Le choix du nom de l’album est vraiment venu en dernier, je n’arrivais pas à me décider, à savoir si je devais trouver autre chose et, finalement, j’ai décidé de garder celui-ci. Les titres des chansons de l’album illustrent très bien leurs thèmes, alors je me suis dit que le titre du disque serait un choix global. Car, qu’est-ce que j’ai fait ? Un disque, qui est un enregistrement de ces expériences, une sorte d’artefact.

H.M. Aujourd’hui, de nombreux artistes proposent des albums longs formats, avec 15 ou 20 titres… Avec votre sélection de 9 chansons, vous êtes proche du format LP utilisé dans les 70s, 80s, qui étaient de 8 titres, soit 4 par face…
T.T. Je ne supporte pas ces disques qui ont tout un tas de chansons… Ce n’est juste pas possible que de grands artistes, notamment ceux que j’aime, sortent un album avec 18 chansons, ils ne le font d’ailleurs pas. Cela n’a aucun sens, c’est frustrant. Honnêtement, je crois qu’un LP ne devrait jamais dépasser 10 chansons, grand maximum, et 10, c’est déjà beaucoup !

H.M. Pour aller plus loin sur la notion de format, la chanson la plus longue de votre disque ne dépasse pas 4’17, un format plutôt pop lorsque l’on sait que vous travaillez avec des producteurs, également DJ, qui prennent le temps de dérouler leur histoire, avec des durées plus longues, souvent comprises entre 5’30 et 7’30, quelques fois autour des 9 ou 10 minutes, même au-delà…
T.T. Ewan Pearson est DJ, j’ai travaillé avec lui par le passé, son spectre de compétences est en fait très large, il peut faire beaucoup de choses. Mais oui, je voulais quelque chose de précis, concis et minimal. Hormis pour le remix de Sister qui dépasse les 8 minutes. On est effectivement sur un format pop, assez punchy, c’est efficace, et je trouve que ca fonctionne bien.

H.M. Ewan Pearson a travaillé avec vous plusieurs fois, mais vous avez également collaboré avec d’autres producteurs, je pense notamment à Todd Terry dont le remix de Missing à écumé la totalité des clubs de la planète, ou encore à Adam F et son superbe travail sur Before Today…
T.T. Oh… Adam F, je n’ai pas vu depuis bien longtemps. Vous savez, souvent ces collaborations marquent un court moment de votre vie, et parfois seulement un disque.

H.M. J’ai lu que vous vouliez produire un disque que les gens puissent écouter en journée, plutôt qu’en soirée…
T.T. Tout particulièrement, parce que je vois désormais plein de gens dans la rue avec des écouteurs, ils sont branchés sur leurs baladeur mp3, ou leur smartphone, et je dois bien l’avouer, je le fais aussi… D’ailleurs ces derniers temps, c’est de cette manière que j’écoute de la musique. Mais cela me fait aussi dire qu’il s’agit d’une musique appropriée. J’ai déjà fait des disques qui sont très bien pour être écouté à la maison, le soir, dans le calme, sans personne pour vous déranger… Mais là, j’ai souhaité faire un disque que les gens puissent apprécier lorsqu’ils sont en mouvement.

Toujours défendre ses idées…

H.M. Vous avez déclaré que les 9 chansons qui composent votre disque sont 9 bombes féministes. Il n’est d’ailleurs pas rare que le terme soit revendiqué, pensez-vous que le sens du mot féminisme est toujours le même ces dernières années ?
T.T. Je crois que son sens n’est absolument pas différent de ce qu’il a toujours été, soit être en droit de demander davantage d’égalité et, par exemple, en ce qui me concerne artistiquement parlant, que l’on me prête une attention équivalente. Que ce soit le point de vue des femmes, leur créativité, leur choix dans les sujets qu’elles souhaitent écrire…

H.M. Oui, une personne…
T.T. Une personne, exactement ! C’est l’essence même de ce qu’est le féminisme, qui dit que nous sommes des humains égaux. Dans le domaine du songwriting, on entend beaucoup de chansons, et il y en a toujours eu, qui admettent que les expériences d’hommes sont universelles, et que celles des femmes sont différentes. Alors en écrivant sur le sujet, j’affirme seulement leur égalité en terme d’expériences universelles.

H.M. Ne croyez-vous pa que le sens mot a parfois mal été interprété par l’opinion, notamment avec le mouvement #metoo ? Certain.e.s féministes ont notamment été divisés sur l’idéologie même, avec le cas de Kevin Spacey qui n’est évidemment pas au-dessus des lois, mais pourra-t-il un jour retravailler ? On se souvient de ce symbole puissant de l’effacer d’une œuvre pour le remplacer en post production. On se prend alors à imaginer qu’un grand nombre d’œuvres cinématographiques pourraient bien être bouleversées si ce processus obtient un jour, en justice, une jurisprudence accompagnée de rétroactivité.
T.T. Ce n’est pas la responsabilité des femmes que de déterminer ce qui arrive aux gens une fois que vous avez dit ce qu’ils vous ont fait.

H.M. Il y a pourtant des hommes féministes…
T.T. Oui, exactement ! Ce que je crois, c’est que des personnes ont eu assez confiance en elles pour porter en public les histoires malheureuses qu’il leur soit arrivé. Et ça, c’est la bonne chose à faire. Ce qui arrive ensuite n’est vraiment plus de leur responsabilité, ni de celles des féministes d’ailleurs. On se met juste debout pour déclarer que cela ne devrait pas arriver, jamais. Généralement, la société condamne comment on traite ces gens, mais je ne suis pas d’accord avec le fait de blâmer les féministes pour dire vous ne devriez pas dire cela, car c’est porter atteinte à la carrière d’un homme, et bien désolé, mais ce n’est pas du tout le même sujet.

 

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Toujours vivre l’instant présent…

H.M. Vous avez déclaré ne pas avoir été dans les listes de diffusion radio depuis au moins 20 ans, et que lorsque vous faites les magasins, cela vous surprend encore de vous entendre dans leur Hi-fi, particulièrement avec la chanson missing. En tant qu’artiste, comment évolue t’on entre des périodes de succès et d’autres, plus introspectives ?
T.T. En fait, cela a été assez facile pour moi, parce que j’ai fait un long break lorsque qu’on était au climax de nos succès, c’est à ce moment-là que j’ai tout arrêté pour quelques années. J’ai toujours pensé que c’était la bonne chose à faire, et j’ai vécu parfaitement heureuse. Depuis que je me suis remis à refaire de la musique, je suis revenu sans avoir d’attentes particulières, aucune, car je pensais, à propos du succès, que tout avait déjà été fait, c’était donc du passé. En ce sens, tout ce qui peut alors arriver ensuite ne peut être que bon. Je suis tellement reconnaissante de tout cela que je n’ai pas d’attente. On a été hyper chanceux et on a eu une longue carrière ! De toute façon, cette longue pause et ce retour, c’est forcément à un autre niveau, et ça me va très bien, c’est cool !

H.M. Il y a d’ailleurs cette anecdote dans un magasin de chaussures, où vous vous surprenez à apprécier un titre sans immédiatement le reconnaître alors que c’est le votre, Missing, il me semble, c’est assez amusant !
T.T. Oui, c’est vrai, les années passent et on passe a autre chose.

H.M. Les gens vous parlent encore probablement d’Everyting But The Girl, comprennent-ils que Tracey Thorn a également une vie, avant et après ?
T.T. Il y a un peu de tout en fait. Je crois qu’il y a des gens, dans notre public, qui ont grandi avec nos chansons et, comme bien des personnes, on vieillit en prêtant moins attention aux musiques qui sortent… Alors ils ne sont pas forcément au fait de ce que l’on fait aujourd’hui. Ils adorent les disques qui sont sortis lorsqu’eux étaient jeunes, comme Eden ! Cela avait un sens avec leur vie d’alors, leurs sorties, leurs amis, leurs histoires, et ça peut très bien se comprendre. Peu de gens suivent la carrière de chaque artiste, ou s’intéressent à de nouvelles musiques, la passion n’est pas constante durant toute leur vie.

Ne pas voir venir le Brexit…

H.M. Comment vous êtes vous sentis au moment du Brexit ?
T.T. Super mal ! Très choquée… Je faisais partie de ces gens qui ne l’ont absolument pas vu venir ! Je n’étais certes pas la seule, mais le lendemain fut un choc incroyable, pour tellement de gens en fait. J’espère que cela va permettre aux gens d’être plus attentif, de comprendre pourquoi c’est arrivé et, surtout, comment envisager la suite, trouver un moyen de vivre en restant unis.

H.M. Tout va bien pour vous, vous êtes optimiste, mais tout de même, avez-vous des peurs ? Si oui, quelles sont vos plus grandes angoisses pour ce monde ?
T.T. (rires) Oh… Mais par quoi commencer ? En matière de politique, dans le monde, je crois qu’il y a suffisamment de quoi s’inquiéter ! Notamment avec tout ce que l’on vois en ce moment. Mais je me concentre habituellement sur les aspects positifs.

Un talent à l’épreuve du temps…

H.M. Depuis vos débuts avec Machine Girls dans les 80s, la manière de produire de la musique (production, promotion, diffusion, vente…) a changée, et si quelqu’un souhaite créer, il peut toujours le faire, il semble néanmoins évident de se faire entendre à un large panel…
T.T. C’est vrai que très facile de faire de la musique maintenant, et de la sortir, tous les outils sont désormais abordables… C’est effectivement sur le fait de capter l’attention du public que cela se complique. Chaque jour, des milliers d’autres personnes font également de bons disques. Cela révèle que l’on doit encore proposer quelque chose d’unique à propos de soi de son travail. Là aussi, il y a plein de belles choses dans beaucoup de registres, cela génère une très grosse compétition.

H.M. Et l’on reçoit des centaines de mail par jour…
T.T. Oui, je sais… Et c’est beaucoup trop ! J’adore la musique et j’essaie de faire attention, mais c’est difficile. On essaie de s’en sortir avec les recommandations d’amis, car surfer sur Internet à la recherche de sons peut vous prendre des journées entières, des semaines, et l’on peut tout aussi bien passer à côté d’œuvres qui vous marquent à vie.

H.M. Ce qui ne change pas trop en revanche, c’est le fait d’avoir du réseau, une tribu, connaître quelqu’un qui connaît quelqu’un, ça a toujours été le cas.
T.T. C’est vrai ! Je crois que j’ai eu la chance de débuter à une période assez idéale en fait, à l’époque des musiques indépendantes et des “home studio”. Mais comparé à aujourd’hui, il n’y avait pas autant d’artistes indé, on pouvait peut-être se faire une place plus facilement. Quand on avait un truc en plus, on captait rapidement l’attention, c’était le bon moment.

 

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L’écriture de Tracey Thorn

H.M. Vous avez sorti votre biographie, qui n’est d’ailleurs toujours pas traduite en français…
T.T. Non, cela devait se faire avec un éditeur, mais cela n’a malheureusement jamais été finalisé, un jour prochain j’espère.

H.M. Vous allez sortir un nouveau livre, vous écrivez également des articles pour New Statesman, comment en êtes-vous venu à cela ? C’est une tout autre démarche que d’écrire des chansons…
T.T. En effet, il y a environ trois ans, on m’a proposé d’avoir cette chronique et je n’étais pas en train de faire un disque, je n’avais pas non plus de projets discographique. Je sortais de l’écriture d’un livre et je me suis dit, je vais dire oui pour voir où cela me mène, et si ce n’est pas terrible après trois mois, j’arrête, et j’ai adoré ça ! C’est effectivement très différent, mais c’est du format court. On ne me donne jamais un sujet sur lequel écrire, j’ai carte blanche, soit une liberté totale. Eux ont été emballés par tout ce que je leur ai donné, alors je suis ravie. C’est une discipline, et cela demande du temps, ce sont aussi des petites deadlines, une tous les 15 jours, mais j’adore ça. Cela me permet de rester dans l’écriture, de pratiquer, ça me rend encore meilleure.

H.M. Étiez-vous intéressée par le travail de certains journalistes, avant de vous lancer ?
T.T. Oui, et il y a obligatoirement des gens que vous aimez lire davantage que d’autres (ses yeux se portent alors sur la grande fenêtre à ses côtés) … Oh il neige encore, c’est beau… (souriante) Pardon.

H.M. Dans quel état d’esprit êtes-vous ces temps-ci ?
T.T. Je souhaite continuer ce que je fais, c’est-à-dire conserver le même équilibre. J’espère que cela amènera également de nouvelles idées et, en tant que créatif, c’est ce que je me souhaite le plus, car rien ne peut arriver sans idées. On ne peut pas toujours les faire arriver comme on le souhaite, parfois, on les espère seulement. Alors pratiquer régulièrement, et s’intéresser à ce qui se passe dans le monde aide à les faire germer.

H.M. Et cela peut prendre du temps…
T.T. Oh oui ! Chez moi ça peut prendre beaucoup de temps, mais je me suis faite à l’idée et je suis très relax avec ça. Mais même si ça prend du temps, les idées viennent, je suis assez confiante.

H.M. Avez-vous connu des instants de frustrations, avec le manque d’idées ?
T.T. Cela m’est arrivé par le passé, car on ne contrôle pas tout. On peut contrôler le développement une fois que c’est là, et le peaufiner, mais il doit y avoir obligatoirement un déclic, car sans étincelle rien ne prend. Pour beaucoup d’artistes, c’est encore un mystère, ce moment où les idées arrivent, alors que d’autres jours, ils ne se passent rien.

H.M. Quand savez-vous que c’est une bonne chanson ?
T.T. Je ne le sais pas vraiment, je crois que c’est instinctif. On écrit un truc en pensant que c’est super, et si le lendemain on pense toujours la même chose, alors ça doit être une bonne histoire, un bon départ. Parce que souvent, dès le jour suivant, on constate que ce n’est pas si top que ça.

H.M. La confiance joue beaucoup, non ?
T.T. Définitivement. Beaucoup de formes d’art demandent de la confiance, en soi-même bien sûr, mais aussi en sa vision, à savoir le droit de dire, ou de faire cela, et de le partager avec le public.

H.M. Une fois que l’idée est là, puis que la chanson prend forme, il vous faut travailler avec un producteur. N’avez-vous jamais été tenté de tout faire vous-même ?
T.T. Non, je n’ai jamais produit, et cela ne m’a jamais intéressé d’apprendre les techniques. Je suis très heureuse avec quelqu’un à mes côtés, pour partager mes idées, mes mélodies… J’ai toutes les idées, mais produire, c’est franchement ce que je trouve le plus ennuyeux. Alors partager cela avec quelqu’un qui vous comprend très bien, c’est parfait !

Musique à écouter, ou à diffuser…

H.M. Vous disiez utiliser des écouteurs pour écouter de la musique dans la rue. Vous pourriez nous dire ce que vous écoutez ces jours-ci ?
T.T. Oui, bien sûr ! C’est un mélange de plein de choses, et je me prépare généralement mes playlists pour aller marcher… Par exemple, en ce moment, j’écoute le nouveau Janelle Monáe, je la trouve extraordinaire, c’est vraiment super !

H.M. J’ai très récemment vu que vous débutiez dans le deejaying ?
T.T. (rires) Oh, oui… Mais pour le moment je ne l’ai fait qu’une seule fois, et c’était samedi dernier ! Remarquez que la aussi, les techniques ne m’intéressent pas vraiment. En revanche, j’adore faire ce que vous appelez “Selecta”, c’est-à-dire choisir les chansons. J’ai fait ca avec deux amis DJ, je suis juste arrivé avec ma liste, mais j’adore, c’est vraiment très fun comme exercice !

 

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Faire de sa vie une harmonie…

H.M. Vous aimez votre vie ?
T.T. J’aime beaucoup ma vie ! Jusqu’ici, c’est super. Je devrais peut-être toucher du bois (elle cherche du bois autour d’elle…), ah… Je n’en vois pas par ici… Mais oui, j’ai été tellement chanceuse de réaliser tous ces projets, dont certains ont été des succès, ou bien respectés, alors je suis comblée. D’autant que pour beaucoup d’artistes, c’est parfois le but d’une vie entière, de faire de votre vie ce que vous avez en rêve, d’être aimé pour vos travaux.

H.M. Cela n’arrive malheureusement pas à tout le monde…
T.T. Certes, il faut évidemment beaucoup du travail, mais aussi beaucoup de chance pour en arriver là, et au-delà d’avoir eu cette chance, je suis très heureuse d’avoir trouvé le temps et l’espace nécessaire pour construire une vie de famille. J’ai donc pu profité de mes enfants, les voir grandir… Maintenant, je tente d’équilibrer la plupart des choses que je fais, la musique, l’écriture, la maison, et tout cela me rend profondément heureuse.

BONUS :
Parce que vous n’aurez probablement pas l’occasion de voir Tracey Thorn en concert, le trac l’empêchant de revenir sur scène depuis plus de 15 ans, voici une archive live, période EBTG

Fondateur de Houz-Motik, Cyprien Rose est journaliste. Il a été coordinateur de la rédaction de Postap Mag et du Food2.0Lab. Il a également collaboré avec Radio France, Le Courrier, Tsugi, LUI... Noctambule, il a œuvré au sein de l'équipe organisatrice des soirées La Mona, et se produit en tant que DJ.

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