Avec Madvillainy Demos, Stones Throw ouvre les archives du mythique duo MF DOOM & Madlib, offrant une écoute inédite des prémices de l’album Madvillainy
Madvillainy Demos est une plongée fascinante dans les brouillons de l’un des albums les plus cultes du hip-hop underground : Madvillainy (2004). Ce projet réunit ébauches, versions alternatives et morceaux inachevés des tracks qui ont marqué toute une génération de passionnés de beats et de rimes cryptiques. Ce projet dévoile le processus créatif d’un classique du hip-hop underground ; une pépite pour les puristes. Essentiel pour les fans, intriguant pour les curieux, découvrez Madvillainy Demos…
Madvillainy Demos
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Madvillainy, c’est la collaboration entre le rappeur MF Doom et le producteur Madlib ; leur nom de groupe ? Madvillain ! Madvillainy était déjà un album au grain lo-fi et à l’atmosphère brumeuse, mais l’album des démos pousse encore plus loin l’esthétique brute du duo. Peu connus du grand public en 2003, l’annonce de la sortie d’America’s Most Blunted, leur premier titre, avait fait sortir du bois les amateurs du genre.La sortie d’un album controversé début 2004, puis acclamé, a permis de faire connaître les deux artistes à un plus large public. Bien que le producteur et le MC aient fait ce qui leur semblait naturel, ils ont à jamais renversé la formule du rap populaire de l’époque, créant un album à la fois unique et fidèle à leurs influences hip-hop.
Les morceaux, à divers degrés d’achèvement, révèlent l’essence du travail de MF DOOM et Madlib : une fusion de poésie énigmatique et de collages sonores imparfaits, mais d’une richesse inouïe. On retrouve les premières versions de classiques comme Accordion, Curls et Money Folder, souvent plus dépouillées, avec des samples plus en avant ou des flows légèrement différents. Des pistes inédites témoignent des expérimentations jazz et des textures granuleuses produites par Madlib.
Remis en circulation après une longue période, l’album des Madvillainy Demos présente un point culminant du duo lib and Doom, publié dans la séquence originale qui a été divulguée dans le cyberespace alors même que l’album était en cours d’élaboration… Si l’album est plus long et dans un ordre différent, ces démos montrent clairement le talent des deux maîtres, et l’énergie crépitante dans leur Bomb Shelter, probablement au milieu d’un nuage de Cali (de qualité médicale) auquel ils font référence tout au long de l’album.
Incendies de LA : Madlib perd sa maison
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« C’est avec le cœur lourd que nous vous demandons votre soutien pour aider le producteur légendaire Madlib et sa famille après avoir perdu leur maison, des décennies de musique et leur équipement dans les incendies dévastateurs de Los Angeles. Votre don, quel qu’en soit le montant, permettra d’aider Madlib à subvenir à ses besoins personnels immédiats, à se vêtir, à se loger temporairement, à payer ses frais de transport et à se procurer les outils dont il a besoin pour continuer à créer la musique qui a touché tant de vies. 100% de vos dons sont déductibles des impôts et iront directement à Madlib et à sa famille. LOVElikeWATER est une organisation à but non lucratif qui soutient les artistes à travers les défis de la vie ». Vous pouvez faire un don à cette adresse.
Madvillainy Demos : un document précieux
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Madlib fait une apparition sous son alter ego Quasimoto sur Shadows of Tomorrow, aux côtés de son apparence normale, mais, la plupart du temps, il est en arrière-plan découpant des samples pour que Doom puisse poser, y compris cette voix obsédante déployée des décennies auparavant par Steve Reich sur America’s Most Blunted, et une bribe de Sun Ra, ainsi que des tas de vieux snitches de dessins animés et tout ce qui se trouve à portée de main ; c’est du tac au tac, du brut désormais classique. Ce qui frappe à l’écoute, c’est la spontanéité des morceaux. Là où Madvillainy était un puzzle parfaitement désordonné, ces démos exposent davantage leur côté instinctif ; on entend DOOM tester des variations de rimes, Madlib poser des boucles inachevées mais déjà hypnotiques. Cet album est un document précieux pour lequel les néophytes seront peut-être moins sensibles, car celles et ceux en recherche de pistes affinées et mixées à la perfection risquent d’être déroutés par ces ébauches brutes de décoffrage.
Certains échantillons n’ont pas été retenus sur l’album final, comme le craquement du disque et l’intro alternative sur Rainbows. D’autres pistes comportent des enregistrements antérieurs des couplets de MF DOOM, comme Just for Kicks (Meat Grinder), et d’autres encore, comme Fancy Clown, ont une approche tonale différente de la version finale. Cette collection ne fait que sublimer le génie du duo. Madvillainy Demos n’est pas une suite, ni une réinterprétation, c’est simplement une fenêtre ouverte sur l’atelier d’un duo entré dans la mythologie hip hop.
Ce disque ne remplacera jamais Madvillainy, cependant il enrichit pleinement sa légende. Pour les collectionneurs, c’est une pièce d’archives fascinante, un carnet de croquis sonore où l’on devine les musiciens en pleine construction de leur intemporel chef-d’œuvre. Pour TheWuTangFan, l’un des fans absolu du duo Madvillain, qui s’exprimait sur un forum dédié à cette sortie : « c’était comme si je l’écoutais pour la première fois. Cette tracklist alternative est incroyable et met en évidence la qualité de la production ; les morceaux s’enchaînent mieux que sur l’album final (la transition Just For Kicks-Fancy Clown est en or). Un classique. Entendre ça en 2002 devait être dingue… ».