Sam Wilkes, un second album époustouflant

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Sam Wilkes évoque la création de son second album, One Theme & Subsequent Improvisation, en répondant aux questions de Carlos Niño (Leaving Records)

Depuis quelques années, Sam Wilkes fait régulièrement parlé de lui, ou plutôt de son travail. Bassiste américain expérimental/jazz de Los Angeles, il est connu pour avoir travaillé avec le saxophoniste Sam Gendel, Louis Cole, le groupe KNOWER mais aussi avec la formation funk Scary Pockets. Wilkes est également la moitié du duo de pop alternative Pratley. Le musicien présente One Theme & Subsequent Improvisation, son excellent second album, paru le 22 octobre 2021 chez Leaving Records…

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Questions / Réponses

Pour son deuxième album, le bassiste Sam Wilkes, producteur et compositeur installé à Los Angeles, a été invité par Carlos Niño à répondre à dix questions du mentor et animateur de la communauté Leaving Records.

Carlos.Niño. Avant de vous rassembler et de vous installer dans le Studio pour les sessions d’enregistrement de ce disque, combien de temps avez-vous discuté avec vos collaborateurs ? De quoi avez-vous parlé ? Le cas échéant, quel genre de direction, d’inspiration, d’exemple ou d’association leur avez-vous donné ?
Sam.Wilkes. J’ai dit à Christian Euman « Je veux faire un double disque avec toi » ; L’idée m’est venue après avoir vu quelques concerts à la Nouvelle-Orléans en 2019. J’ai demandé « Si tu pouvais l’enregistrer avec un autre batteur, ce serait qui ? ». Il a répondu assez instantanément : « Greg Webster » (aka Greg Paul). Ensemble, en une session de 4 heures, nous avons enregistré 3 morceaux d’improvisation différents… et un de mes tableaux, cet album est entièrement le 2e de ces 3 improvisations.

J’ai passé beaucoup de temps à vivre avec ce bloc de granit musical de 40 minutes, à apprendre à le connaître, à me demander comment relier l’ensemble, comment les moments pouvaient être encadrés après 5 à 6 mois que Jacob Mann et Chris Fishman enregistrent séparément par dessus. Je leur ai offert très peu d’instructions, puis j’ai lu une interview de Gerhard Richter & Hans Ulbrich Obrist, Vies des artistes, vies des architectes, excellente utilisation d’Helvetica sur la couverture. Ils discutent du processus de Richter détruisant son propre travail pour y trouver quelque chose de nouveau.

J’ai eu une révélation

La possibilité de sons improvisés (?) avec l’intention de créer une contingence en détruisant l’audio de sections spécifiques de cette pièce de 40 minutes, pour découvrir de nouvelles musiques dans le processus. J’ai contacté Ethan Braun : “Quels autres musiciens et artistes, à part Stockhausen et Cage, se sont lancés dans un processus similaire ?” Il m’a envoyé Pierre Schaefer, Kazuo Shiraga et Butch Morris. J’ai combiné avec mes recherches antérieures sur Phillip Guston et Richter. J’ai organisé et préparé mon processus en collaboration avec Chris Sorem pour le mener à bien.

Photo de Sam Wilkes

C.N. Qu’est-ce qui a motivé votre choix d’avoir deux Trap Drummers sur ce disque ? Christian et Greg s’étaient-ils déjà rencontrés ? Avaient-ils déjà joué ensemble auparavant ?
S.W. La Nouvelle-Orléans, avril 2019 avec Jacob Mann. Un petit bar… Ils vendaient des ailes de poulet frit à l’extérieur. Délicieux. Le brass band jouant For the love of you par The Isley Brothers, quel arrangement ! Je suis extatique. Le groupe avait deux batteurs jouant de la caisse claire, et un batteur au kick et à la cymbale. Je connaissais deux batteurs. Christian et Greg n’avaient pas joué ensemble formellement mais avaient toujours voulu… C’est toujours spécial d’être témoin des premiers temps à jouer avec d’autres, vous savez. La situation et le concept de la session, Faire un morceau et passer le reste du temps juste à jouer C’était une libération… réécouter dans la salle de contrôle. Délirant.

C.N. Comment en êtes-vous venu à choisir les Studios dans lesquels vous avez travaillé pour ce disque ? Les musiciens et les instruments ?
S.W. J’ai toujours respecté la loyauté. C’est comme un câlin. Je fréquente Nest Recorders et je fréquente Lucy’s Meat Market. Je savais que Jacob Mann saurait quoi faire. Après avoir entendu son point de vue, j’ai réalisé cette opportunité supplémentaire : Chris Fishman sur un ARP-2600.

C.N. S’il vous plaît, dites-nous ce que vous pensez de Richter : Surprises always emerge.
S.W. Quelle chance j’ai d’avoir découvert par moi-même que cela est vrai.

C.N. De quelle manière les improvisations que vous et votre groupe avez jouées (dont vous avez produit et arrangé ce disque) ont commencé ? Un regard, un mot, un geste ? Autre chose ?
S.W. J’ai appuyé sur play sur la boîte à rythme, une Maestro Rhythm King. J’ai eu de la chance avec le tempo. J’ai joué une progression d’accords par cellule, que j’avais écrit il y a quelques années pour dire à christian et greg : “allez !”. Jacob a dit oui pressé le disque a réagi, Chris Fishman et moi avec Pete Min au marché de la viande de Lucy Chris jouant son cœur. après, nous faisions le tour de mon quartier vers 2 ou 3 heures du matin en écoutant cette musique, discutant des arrangements où couper la graisse, où mâcher.

Photo de Sam WilkesChris Fishman a été si important dans l’achèvement de cet album. Chris Sorem et moi chez Nest Recorders jouant avec une bande, riant imprudemment pour combattre l’épuisement. Tellement de matériel mis en place mais seulement la moitié de celui-ci a été utilisé. Détruire et découvrir Pas de temps à perdre pour entendre quelque chose de nouveau.

C.N. Que signifie « One thème » pour vous ?
S.W. 8 mesures, passage harmonique et mélodique qui se répète.

C.N. Que ressentez-vous avec ce nouveau disque ?
S.W. Je vois orange !

C.N. Est-ce que tout le monde installé dans la même pièce ou dans plusieurs pièces au sein de chaque studio ?
S.W. Oui Non. Chez Nest Recorders : Sam Wilkes, Christian Euman, Greg Paul. Jacob Mann dans son appartement à Alhambra. Au Lucy’s Meat Market : Chris Fishman et Sam Wilkes.

C.N. Selon vous, comment votre son, votre concept et votre approche ont changé, évolué et se sont métamorphosé ?
S.W. Pour autant que je sache, et pour que vous le sachiez, je pratique tous les jours, encore parfois, j’écris tout autant Parfois, je ne le fais pas. Parfois je sculpte en écoutant de la musique En espérant trouver quelque chose Parfois j’oublie Parfois je suis fatigué. Parfois, je regarde ou je lis Le seigneur des anneaux. J’espère que je m’améliore J’espère pouvoir être présent et grandir. Je veux être compatissant et pas si dur avec moi-même.

C.N. S’il vous plaît, dites-nous quelque chose de spécial, pour vous, à propos de la réalisation de ce disque.
S.W. Le titre de l’album est exactement ce qu’est l’album, et je suis incroyablement reconnaissant envers les personnes qui ont fait cet album avec moi. Quelle chance de pouvoir collaborer avec eux, et de les connaître : Christian Euman, Greg Paul, Jacob Mann, Chris Fishman, Chris Sorem, Pete Min, Mark Chalecki, je vous aime tous, merci : )

One Theme & Subsequent Improvisation

Après le percutant WILKES en 2018, l’artiste multi instrumentiste se sent si bien chez Leaving Records qu’il signe One Theme & Subsequent Improvisation, un deuxième album dont le coeur n’a pas d’autres battements que ceux de la créativité et de la sincérité. 

Découvert aux côtés de Knower (Louis Cole & Genevieve Artadi), le prodige de la basse fait son bout de chemin sans jamais manquer d’oublier qu’il y est, ou plutôt en s’affirmant de tout son être, c’est-à-dire avec opiniâtreté dans son travail, et sans avoir recours à l’emploi d’un pseudonyme, chose désormais rare dans l’univers pailleté du show business. Sam Wilkes offre une nouvelle rencontre aux confins de l’électro, du jazz et de l’expérimental, sans jamais tomber dans la démonstration ou toute forme de nombrilisme, comme certains auto-proclamés “catalogue technique de l’année” peuvent le faire… Bref, ce n’est pas chiant pour un sou !

En neuf titres, dont certains seront probablement assimilés à des interludes alors que leur essence même est unique et nécessaire dans le parcours narratif du disque, le jeune Californien nous colle une fois de plus au plafond, sans que l’on ai recours à aucune substance facilitant ce genre d’état (ndlr, gratitude éternelle). Bloquez 35 minutes de votre temps, de préférence au moment de la journée que vous utilisez pour vous détendre. Selon les caractères, fonctionne aussi dans les transports et/ou les embouteillages. Les adeptes de la méditation y trouveront également des signes…

La musique de Sam Wilkes, c’est aussi des moments collectifs plus funky, notamment avec la formation Scary Pockets. Chaque semaine, ce groupe à géométrie variable sort des clips musicaux avec les meilleurs musiciens de session de Los Angeles… Vous prendrez bien une petite cover ?

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