Pour la cinquième sortie d’ONO Records, RAMZTEK marque un point d’inflexion discret mais net dans l’univers de RAMZi. Tempo relevé, énergie frontale, un sens du groove mutant et de la psyché dub qui déraille juste ce qu’il faut
Après Balmini, RAMZi resserre l’écriture et accélère la cadence. Les structures restent souples, les textures mobiles, mais l’intention change : faire danser sans lisser. RAMZTEK s’écoute comme une série de micro-rituels house aux contours flous, efficaces sans être évidents. Une pièce de transition, mais assumée…
Accélération contrôlée

RAMZi augmente le BPM, sans sacrifier son ADN. Les rythmiques sont plus droites, parfois presque insistantes, mais constamment parasitées par des éléments organiques et dubby. La house est présente, oui, mais vue de biais, comme filtrée par un imaginaire de joyeuses créatures autour de machines brinquebalantes. Grem-tek et psychédélisme domestiqué : les “grem-tek induced house grooves” annoncés ne sont pas un slogan creux. Les sons semblent grignotés, mordus, triturés. Synthés instables, basses rondes mais nerveuses, effets qui apparaissent puis disparaissent. La poussière psychédélique typique de RAMZi est parfaitement canalisée.
« I want my music to feel like a place you can step into — a bit strange, a bit playful, but still grounding. » — RAMZi (The Wire, 2023).
Un disque de contexte
Composé en janvier à Montréal, en amont d’une tournée australienne, RAMZTEK porte cette projection vers l’ailleurs. Ce n’est pas un disque introspectif. Il est fait pour l’espace, pour être joué fort, dehors si possible. Crépuscule, arbres, air épais : le décor est presque imposé par la musique.
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Les apports de musiciens extérieurs sont discrets mais précis, la composition et le mix restent entre les mains de Phoebé Guillemot. Le mastering de Nik Kozub assure une lisibilité sans polir à l’excès. L’artwork de Shy complète l’objet sans en dire trop. RAMZTEK n’est ni une rupture ni une redite. C’est un déplacement. Un disque qui resserre l’impact tout en conservant l’étrangeté. RAMZi avance, sans expliquer, sans justifier, et c’est précisément ce qui rend cette sortie stimulante.



