Avec le EP Working On It, MrEmbolaSIR signe un disque ramassé, introspectif, presque méthodique. Pas de récit spectaculaire, pas de mythologie de la réussite. Ici, la musique documente le travail en cours, l’endurance créative, la construction patiente
Trois morceaux pour dire la même chose, sous des angles différents : avancer, même quand tout n’est pas aligné. Working On It du producteur MrEmbolaSIR s’inscrit dans une vague de producteurs africains qui privilégient la constance à la narration, le geste à l’image, le temps long à l’impact immédiat. Un EP qui parle moins de réussite que de persévérance, et qui assume le doute comme moteur plutôt que comme faiblesse ; une musique qui navigue entre techno et house, pensée pour durer, pas pour frapper un instant…
Vue d’ensemble

Le disque s’ouvre sur Macros, morceau de mise au point et de projection. La production est sobre, contrôlée, presque ascétique. Le regard est volontairement élargi : penser loin, gérer le quotidien, poser des bases solides. La phrase « I’m counting steps, not seconds or every move, on a mood measure… » éclaire l’intention, mais dit peut-être un peu trop clairement ce que la musique laissait déjà entendre. Working On It, le centre de gravité. Le titre éponyme est le cœur de l’EP. Piano minimal, transitions fluides, structure lisible. Le morceau ne cherche pas la rupture mais l’équilibre. On est dans le faire, pas dans la promesse. Le morceau reste toutefois dans une esthétique familière, efficace mais prudente. Stealth Mode referme l’EP sur une tension contenue. Le morceau privilégie l’endurance au climax, le retrait à l’affirmation.
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« Not perfect, just persistent, I’m working on it… »
— MrEmbolaSIR
Avancer sans signal ?

Working On It n’est pas un disque d’aboutissement. C’est une photographie du mouvement, une étape assumée dans un parcours en construction. La question n’est pas de savoir si MrEmbolaSIR sait où il va, mais jusqu’où il acceptera, à l’avenir, de déplacer les lignes qu’il trace aujourd’hui. Pour l’instant, il avance droit, concentré, sans chercher à accélérer artificiellement le récit. Ce positionnement, modeste mais cohérent, inscrit l’EP dans une temporalité longue, où la progression compte davantage que l’effet. La suite dira si ce travail discret s’épaissit, ou s’ouvre à d’autres tensions.



