Avec Camminando di Notte, Sensible Soccers dévoilent huit compositions dont plusieurs avaient d’abord circulé sous forme de remixes… Un 5e album à la croisée de l’électronique instrumentale, du psychédélisme et du dub, précédé des relectures de Mad Professor, Tolouse Low Trax, Danilo Plessow et Peaking Lights
Avec Camminando di Notte, Sensible Soccers prolongent leur exploration d’une musique instrumentale entre électronique, guitares, rythmes organiques et psychédélisme dub. Ce nouvel album du groupe portugais réunit huit compositions, des pièces brèves aux développements dépassant neuf minutes. Particularité de cette sortie : plusieurs morceaux ont d’abord été révélés à travers les remixes de Mad Professor, Tolouse Low Trax, Danilo Plessow et Peaking Lights, avant que leurs versions originales ne paraissent chez 8mm Records…
Les détours avant le chemin

Découvrir un morceau après son remix change les repères… Ce qui semblait appartenir à la composition peut venir du regard d’un autre ; un détail familier retrouve soudain une place différente. Sensible Soccers ont ainsi proposé cette expérience, en deux étapes : Dub Versions, confié à Mad Professor et publié le 8 mai 2026, puis The Remixes, paru le 26 juin, avec Tolouse Low Trax, Danilo Plessow et Peaking Lights. Les versions originales n’ont été dévoilées que le 25 septembre sur Camminando di Notte, chez 8mm Records. Cette chronologie offre plusieurs portes d’entrée dans le disque : les trois pièces retravaillées par Mad Professor, Efeito Zandinga revu par Tolouse Low Trax, Saravá par Plessow et Rosa Mota par Peaking Lights.
Du nord du Portugal aux images d’Oliveira
Derrière Sensible Soccers se trouvent André Simão, Hugo Gomes, Manuel Justo et Sérgio Freitas. Originaires du nord du Portugal, ils publient leur premier EP en 2011, avant les albums 8 en 2014, Villa Soledade en 2016 et Aurora, produit par B Fachada, en 2019. Leur musique instrumentale se développe au contact de l’électronique et du jeu collectif, mais aussi du cinéma. Pendant la pandémie, le groupe compose de nouvelles bandes originales pour Douro, Faina Fluvial et O Pintor e a Cidade, de Manoel de Oliveira. De ce travail naît Manoel, leur quatrième album, paru en 2021. Le titre italien Camminando di Notte, « En marchant la nuit », suggère cette fois un déplacement dont les images restent à construire.
Les remixes sont arrivés en premier et ont ainsi ouvert la voie aux versions originales.
– RTP Antena 3
Huit morceaux, plusieurs échelles de temps
Dans leur présentation du disque, les musiciens décrivent une rencontre entre guitares, synthétiseurs, percussions et textures issues du dub. La répétition et les variations de matière y occupent une place centrale, avec un parcours annoncé des premières pièces plus aérées vers des développements rythmiques plus soutenus. Les durées donnent déjà une indication sur cette diversité de formats : Balsinha Mentirosa tient en moins de trois minutes, tandis que Berlaitada dépasse les huit minutes et que le final, Trance Discreto, s’étend sur plus de neuf minutes ! Huit compositions permettent ainsi de passer de la miniature au morceau long, où les motifs prennent le temps de se transformer.
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Revenir aux sources, puis repartir

L’intérêt de cette sortie en plusieurs temps se trouve aussi dans les allers-retours qu’elle rend possibles. Ces nouvelles versions, mais originales (vous suivez ?), constituent autant de points de comparaison pour explorer les arrangements, la place de la basse ou la construction des morceaux. Pour aborder Camminando di Notte, deux itinéraires sont donc ouverts : suivre les huit originaux dans leur ordre, ou commencer par les remixes et remonter vers leurs sources. Le cinquième album des Portugais s’accompagne ainsi d’un ensemble de variations qui en prolonge le terrain d’exploration. Les fans de System 7, groupe psyché rock électro ambient originaire de Chingford (uk), et fondé par Steve Hillage et Miquette Giraudy dans les années 90, devraient y trouver une aire de repos avec un beau panorama.



