DJ Cam : vous reprendrez bien un peu de vice à Miami ?

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Grand fan de Miami Vice, et du cinéma de Michael Mann, DJ CAM propose sa musique du film, made in Miami

La futur adaptation de Miami Vice au cinéma n’a pas encore été tournée qu’elle a déjà sa bande son : c’est le nouvel album de DJ CAM. Nous l’avons rencontré, à Paris, parce que Miami était un poil hors budget… L’artiste nous offre une BO imaginaire, non officielle mais passionnée et tripante, à destination des fans de Hip-hop, comme des deux flics à Miami…

Si DJ CAM tenait une “bucket list”, soit une liste de chose à faire avant de mourir, elle ressemblerait probablement à un gros carnet en cuir, dont la plupart des pages seraient noircies de pépites déjà accomplies, comme : enregistrer avec Guru ; remixer Miles Davis et Michael Jackson ; partager la scène avec Jean-Michel Jarre ou encore vendre un million de disques !

Pourtant, le précurseur et fleuron hexagonal du Hip-hop instrumental arbore un regard émerveillé et enthousiaste à chaque nouveau projet. Ambitieuses, ses aventures discographiques dévoilent un onirisme en partie inspiré par le cinéma, sa dernière création n’y échappe pas, elle se lit en lettres capitales : MIAMI VICE, une BO personnelle, comme déclaration d’amour à la série légendaire…

Composer pour le 7 Art est l’une de ses obsessions et, lorsque des films et des séries TV commencent à utiliser sa musique : À la rencontre de Forrester de Gus Van Sant, et des épisodes de la série Les Experts à Miami, DJ CAM décide de poser ses valises à los Angeles. Mais tous les agents qu’il y rencontre ont toujours à lui répondre :On aimerait bien te faire bosser, mais il faudrait que tu ai déjà réaliser une BO…”. Voilà comment passer à l’action, avant de plier bagages.

DJ CAM à l'Hotel Alba Opera de Paris
DJ CAM Hotel Alba Opera – 2015 © Cyprien Rose

Interview

Cyprien. Rose. Après Los Angeles, Miami ?
DJ.CAM. Los Angeles, c’est une ville assez particulière, et je n’avais pas envie d’y finir ma vie. On y trouve des gens un peu spéciaux, un parfum de solitude ambiante et beaucoup trop de voitures… Avec ma femme, nous sommes rentrés à Paris, puis j’ai acheté un appartement à Miami… On s’y plaît beaucoup, il se passe toujours plein de choses là-bas.

C.R. Tu as retrouvé les lieux de tournage de la série ?
D.C. (rires) je me suis fait tous les pèlerinages possibles… Il y a même un épisode où l’on voit mon immeuble !

« C’était ma série TV préféré, pour les plans séquences avec vue sur la ville, les longues poursuites en voitures… La psychologie, l’introspection y étaient très présentes, contrairement aux séries US de cette période. J’étais déjà sensible au soin apporté à la musique ».

C.R. Cette BO de Miami Vice à donc été composée sur ton nouveau Home-studio à Miami ?
D.C. Oui carrément, face à la baie. C’est super-inspirant ! J’ai même enregistré la mer que l’on entend au début de l’album, toutes les vagues viennent de là-bas. En fait, je ne suis pas du tout un “geek” de studio. Que ce soit de simples plugins ou des interfaces à 10K €, je m’en fous royalement. Le seul truc qui compte vraiment c’est que le résultat me plaise. Pour le reste, je vis avec la technologie de mon temps.

C.R. Ce dernier album, c’est un peu le genre de sons que l’on peut entendre lorsque l’on se promène dans les rues de certains quartiers de Miami ?
D.C. Oui mais en plus Hip-hop… Là-bas, c’est ça avec du Trap (la musique dite “Trap” vient d’abord des lieux de vente et reventes des drogues, désignés en argot par ce terme qui signifie littéralement “piège”, ndlr). À Miami les nouveaux producteurs de Hip-hop n’ont vraiment aucune barrières. À notre époque, quand tu portais une paire de jeans large et des baskets tu étais Hip-hop et tu le restais. Là-bas, un coup ils sont Hip-hop, un coup ils sont Pop, ils aiment tout et ils mélangent tout. En ce moment il y a des trucs assez fulgurant à propos des mélanges stylistiques, parfois j’entend des choses et je me dis : “Putain les mecs…!”

Du Featuring

Friand de “featuring”, DJ CAM s’adjoint les services de deux américains : MC EIGHT et Earl Davis. Ce dernier prête sa voix à la cover de Phil Collins, un morceau pour lequel le DJ voulait produire quelque chose à l’image du mouvement “Chopped & Screwed” (technique qui consiste à ralentir le tempo entre 60 et 70 bpm, et à utiliser le scratch, le stop time et à hacher une partie de la chanson, ndlr).

C.R. Une rencontre avec des rappeurs “gansta” doit être un peu particulière, comment te considèrent-ils ?
D.C. En fait, pour eux c’est comme d’aller voir la Tour Eiffel, c’est exotique ! MC EIGHT a pratiquement 50 ans, c’est un vrai gangster, il est tatoué sur le visage, il ne traîne qu’avec des mecs qui ont tous connu la prison et vit dans une banlieue ghetto de Los Angeles. Mais ces mecs sont tellement halluciné qu’un type comme moi les contacte… Pour eux, Paris c’es les parfums !

C.R. Et tous les clichés de base qui vont avec ?
D.C. De mega base, en fait ! Tu sais, ces mecs ne sont pratiquement jamais sortis de leur pays, certains ne connaissent rien. Ils s’habillent tous en XL et ils mettent des trucs en plastique sur les canapés. Mais ils sont tellement étonnés que tu fasses appel à eux qu’ils vont tout de suite être très protecteurs. À peine je suis arrivé là-bas je lui ai envoyé un message et tout de suite le mec voulait venir me chercher pour m’emmener chez lui, il voulait me faire visiter le quartier et manger dans sa famille, alors que lorsqu’il me parle en anglais je ne le comprends même pas !

C.R. Tu compte produire ton prochain album à Miami ?
D.C. Oui, je pense que je vais faire la volume 2, la suite de MIAMI VICE ! J’ai plein de morceaux que je n’ai pas pu inclure, car je voulais faire un disque court. Je ne crois plus au format 70, ou 80 minutes, et encore moins aux 20 titres, ça ne sert plus à rien… Déjà, si les gens arrivent à écouter du début jusqu’à la fin c’est formidable ! Et puis j’adore les suite, genre : “Le Retour”.

C.R. Ton projet d’expo photo est toujours d’actualité ?
D.C. Oui, c’est un travail un peu à part. je suis en train de réaliser un livre de photos pour lequel j’ai réalisé une bande-son Ambient, afin d’accompagner les images. Une musique sans sections rythmiques. Ma source d’inspiration première c’est une vielle pub pour le parfum Fahrenheit, tu voyais un mec marcher avec cette musique en fond sonore… Tout l’album sera un peu dans ce registre. Je suis également en train de faire un montage photo pour les rendre vivantes et les caler sur la musique.

C’est un projet un peu ambitieux et très limité en nombre d’exemplaires. Cela fait plusieurs années que je bosse sur le concept, je suis en train de le terminer, c’est très contemplatif. Dans le genre, Romain Delahaye (aka Molécule) a sorti 60°43′ Nord il y a quelques temps, un livre-album complètement génial !

Bonus. Retrouvez les derniers travaux de DJ CAM par ici, et son best of par là.

Fondateur de Houz-Motik, Cyprien Rose est DJ et journaliste indépendant. Coordinateur de la rédaction de Postap Mag, il fait aussi partie de l'équipe organisatrice des soirées La Mona

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