Compilation Rap Underground Féminin VOLUME 2

VOLUME 2, Rap Underground Féminin

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Le volume 2 de la série 100 % rap féminin issu du partenariat entre La Souterraine et Rap2filles sort le 19 juin 2020

Le premier volume de rap underground féminin, LE RAP2FILLES SOUTERRAINE, a récolté de beaux retours : Marie Richeux invite Turtle White, Ossem et Bérénice Cloteaux-Foucault, dans Par les temps qui courent sur France Culture, Rebecca Manzoni en parle sur France Inter, ou encore le papier de Clio Weickert pour 20 Minutes. Le projet obtient également une invitation pour une soirée rap souterraine au Printemps de Bourges, avec cinq nouveaux talents en première partie de Casey… Il semble assez logique de voir fleurir le Volume 2 !

Le hip-hop n’est pas qu’un truc de mec

Le hip-hop, le rap ? Un truc de mec ?  Évidemment que non… Aux États-Unis, le premier enregistrement contenant un rap est attribué à la chanson Golden Gate Quartet du groupe masculin Preacher and the Bear, les racines profondes du hip-hop remonteraient alors à 1937… Cependant,  l’album Caught Up (1974) de Millie Jackson qui, jusqu’à preuve du contraire, est une femme, est souvent considéré comme la base d’une fondation du rap. Vicious Rap, le premier titre de rap féminin sort en 1978, il est produit par les sœurs Paulette et Sweet Tee.

Ce n’est donc qu’un an plus tard, en 1979, que le Rapper’s Delight des Sugar Hill Gang, premier vrai tube de l’histoire du hip-hop, se classe dans le Top 40 et au Billboard Hot 100 des charts US. Il faut cependant attendre 1980 pour voir le rap grimper au sommet des ventes de disques. Un coup d’éclat signé Blondie, le groupe pop-rock à qui l’on doit Heart Of Glass et Call Me… Debbie Harry, l’iconique chanteuse du groupe, fréquente alors les DJs et les graffeurs.

Un rap féminin au sommet des charts

Lorsque sort l’album Autoamerican (1980), le titre Rapture propose un long couplet rappé par Debbie Harry, propulsant pour deux semaines consécutives le morceau à la première place du Billboard Hot 100. Profitant de la dynamique MTV, le titre a également été classé 4e en Australie et 5e au Royaume-Uni. Dans le clip vidéo, figure Fab Five Freddy – « Fab 5 Freddy told me everybody’s fly » – ainsi que le graffeur Lee Quinones ou encore le peintre Jean-Michel Basquiat.

Debbie Harry est également à l’affiche du film Wild Style (1983) qui raconte la naissance du hip-hop via ses différents disciplines (le rap, la danse, le graff…). La chanteuse a été conviée à l’avant-première de série The Get Down (Netflix, 2016), aux côtés de Grandmaster Flash. Si, à l’époque, Rapture permet aux blancs de découvrir le rap, il inspire également des artistes noirs. De Mobb Deep aux membres du Wu-Tang, tous ont déclaré avoir découvert le rap grâce à Blondie.

Pour un paquet de blancs, pour le public mainstream, c’était la première fois qu’ils entendaient du rap. D’une certaine façon, Blondie a pavé le chemin pour ce qui allait arriver après. (Fab Five Freddy)

Le rap us voit alors de nombreuses femmes dans ses rangs : MC SHA ROCK se produit avec le groupe Funky Four Plus One, difficile également de ne pas mentionner Roxanne Shanté, dont Pharrell Williams a produit le biopic de la rappeuse à l’origine de la légende Roxanne Roxanne.

Il y a aussi MC Lyte, Bahamadia, Queen Latifah, Salt-N-Pepa, Lauryn Hill, la regrettée Aaliyah ou encore Missy Elliott, Tina, Eve, Foxy Brown, Lil Kim, Da Brat, Nicky Minaj… Plus récemment, Cardi B est la première femme à recevoir le Grammy du meilleur album de rap (Invasion of Privacy, 2019), et Lizzo enflamme les dancefloors !

Le rap féminin en France

Au Royaume-Uni, les artistes MS Banks, Little Simz, Flohio, Nadia Rose ou encore Kate Tempest sont régulièrement dans les médias. Pour ce qui est du rap hexagonal, les carrières, comme les médiatisations, sont loin d’être identiques. Diams s’est retirée de la sccène en 2012, certaines comme Casey, Keny Arkana, Billie Brelok et La Gale sont bien présentes, mais elles sont davantage identifiées auprès d’un public d’initiés.

Il est donc temps que les choses changent, et cela passe des initiatives comme Madame Rap, un média en ligne dédié aux femmes et LGBTQI+, par les réseaux sociaux où les rappeuses trouvent leur public, mais aussi par des concours de freestyles et d’improvisations, comme ceux de Rap2filles et de Tuveuxdusale.

De Youtube à la production

Les femmes sont bel et bien là, elles cumulent les vues sur les réseaux. Repérées et sélectionnées via des freestyles postés sur le compte Instagram de Rap2Filles, le concours de rap 100 % féminin livre douze titres, sélectionnés par Benjamin Caschera & Ocho Doble, pour représenter le genre en France, de Youtube à la production, en passant par les scènes ouvertes, comme Turtle White au Punk Paradise.

Voici donc le VOLUME 2 du Rap Underground Féminin, avec ses 12 titres auto produits interprétés par 13 rappeuses, qui bien souvent n’ont jamais dépassé le stade des freestyles d’une minute sur Instagram. À l’exception d’un son déjà disponible en clip sur Youtube, tout dans cette compilation issue du partenariat entre La Souterraine et Rap2filles est inédit.

Premier single de la compilation : JAÏ RAFA, FAUX

Faux, le premier single extrait de ce nouvel opus est signé JAÏ RAFA (20 ans, Saint-Brieuc), qui a cumulé 700K vues sur Instagram avec ses freestyles postés par 1 minute 2 rap. Faux est par ailleurs son premier son officiel, et sa première collaboration avec le beatmaker Laosthaa. Jaï Rafa fait aussi partie du plateau live STRN RAP qui devait jouer au Printemps de Bourges, et qui jouera au Festival d’O à Montpellier, le 28 août si toutefois la date est confirmée. Lorsqu’elle ne rap pas, Jaï Rafa joue au football, en première division au sein de l’effectif de l’En Avant Guingamp… En avant les rappeuses !

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