LP Perfect Uncertainty

Perfect Uncertainty, d’AMR, le studio comme scène, la scène comme matrice

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Pensé pour le live et enregistré sans filet, ce nouvel album d’AMR, paru le 9 janvier, documente un basculement : quitter l’écriture de studio pour éprouver la matière sonore en situation, devant des corps, des murs, des silences ; une électronique analogique jouée à hauteur d’instant, où l’improvisation n’est pas un style mais une méthode

Issu de performances improvisées à TV Control Center et à Les Instants Chavirés, Perfect Uncertainty d’AMR rassemble des pièces captées en une seule prise. À l’exception d’un titre produit en studio, tout procède du geste live. Une musique expérimentale qui assume la fragilité comme moteur, et trouve un prolongement chorégraphique dans une pièce de danse contemporaine…

De la table au plateau

Photo AMR
AMR DR

En 2022, AMR compose un morceau dans son home-studio avec une idée simple : pouvoir le jouer tel quel, sans traduction, avec un set analogique. Ce choix n’est pas anecdotique. Il engage un rapport différent au temps (celui de la performance), à l’erreur (acceptée), et à la forme (ouverte). Un an plus tard, l’idée devient une série de lives improvisés. Les compositions naissent là, face au public, puis sont fixées sur disque sans retouches. Une prise, pas de filet : le protocole est strict. Une prise unique pour chaque pièce, enregistrée soit à Dudu Loft, soit au KET / TV Control Center. Pas de montage, pas de re-recording. Ce qui s’entend est ce qui s’est passé. La matière analogique respire, les micro-variations deviennent structure, la durée s’étire sans chercher l’effet. L’album ne documente pas un “best of” de performances, mais un état, celui d’un langage sonore en train de se faire.

“In 2022, I created a track in my home studio with the intention of performing it live using my analog gear. It marked a shift in both my creative process and sonic direction.” — AMR (2026)

Lieux, corps, acoustiques

Les espaces comptent. Le TV Control Center à Athènes, laboratoire pour musiques aventureuses, n’induit pas les mêmes tensions que Les Instants Chavirés, lieu historique des scènes expérimentales en région parisienne. Ces différences d’acoustique et d’écoute traversent l’album. Elles expliquent ses respirations inégales, ses densités variables. Ici, le lieu n’est pas neutre : il co-écrit.

Photo AMR
AMR DR

Du son au mouvement : un extrait édité de Causalité Déformée apparaît dans IT’S THE END OF THE AMUSEMENT PHASE (2025), pièce de la chorégraphe Chara Kotsali. La circulation entre son et corps prolonge logiquement la démarche : une musique pensée comme action, pas comme objet. Le disque devient alors archive active, susceptible d’autres usages, d’autres scènes. Ce disque ne cherche pas à figer une esthétique. Il enregistre un passage, un déplacement du studio vers la scène, puis de la scène vers d’autres formes. Une musique qui accepte de ne pas conclure, et préfère rester en mouvement.

 

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