Depuis le sud de l’Italie, Giovanni Damico affine une trajectoire singulière : une disco qui ne se contente pas de recycler les codes, mais les tord, les densifie et les projette ailleurs. Avec ce nouvel EP, paru le 27 février 2026 sur Star Creature, il consolide un axe clair : Chicago / Les Pouilles, même pulsation, même appétit pour le groove charnel
Ce maxi confirme la vitalité d’une disco moderne affranchie du pastiche. Gospel house ample, afro-boogie charpenté, éclats punk-funk et basse slap omniprésente : Giovanni Damico orchestre un dialogue transatlantique cohérent. En filigrane, une question plus large : la scène indépendante peut-elle encore redéfinir les contours du dancefloor mondial ? La disco transatlantique est néanmoins en mutation…
Une poignée de main qui ne tremble pas

La connexion USA–Italie n’est pas un slogan. Star Creature défend depuis des années une vision organique de la funk et de la disco contemporaine. Damico s’y insère sans mimétisme, plus chaud, plus frontal, parfois plus rugueux. Le disque circule entre plusieurs tensions. Gospel house lumineux, presque liturgique. Afro-boogie compact, syncopé. Accents punk-funk nerveux. Le tout porté par une basse slap qui dirige l’ensemble. Le groove comme colonne vertébrale ? Multi-instrumentiste, Damico privilégie la cohérence au spectaculaire. Les lignes de basse structurent, les claviers dialoguent et les batteries claquent sec. Les arrangements respirent, sans surcharge. On entend un producteur qui connaît la dimension club. Les morceaux évoluent, prennent de l’espace, ménagent des zones d’air pour le mix. Rien d’illustratif. Tout est fonctionnel, et jamais froid.
« House music is a spiritual thing, a body thing, a soul thing. » — Frankie Knuckles
Pas d’archive, mais une transformation
La tentation rétro plane toujours sur la disco contemporaine. Ici, elle est tenue à distance. Les références sont digérées. La matière est actuelle. Ce 12″ ne cite pas les années 80, il en extrait l’énergie. Il la reformule avec une sensibilité 2026 : plus hybride, plus poreuse, moins catégorique.
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Un format 12″ qui assume la durée : le choix du vinyle long format n’est pas anodin. Les grooves s’installent. Les breaks créent la tension. Chaque piste semble pensée pour évoluer dans un set, s’étirer, dialoguer avec d’autres textures. La distribution internationale passe par les réseaux spécialisés (Juno, HHV, DiskUnion notamment), avec un rappel pragmatique, privilégier les disquaires locaux pour éviter frais et taxes supplémentaires. Ce nouveau chapitre confirme une chose, la disco indépendante ne survit pas par nostalgie, mais par circulation d’idées et de rythmes. Entre Chicago et le sud de l’Italie, le courant reste actif, et il continue de produire du mouvement.


