Derrière des façades de verre, des lignes de fuite et des machines réveillées après des années de silence, Synaptic Voyager poursuit son dialogue avec l’histoire des musiques électroniques. Avec High Rise EP, le duo de Sheffield affine une écriture où Detroit, Chicago et science-fiction urbaine se rencontrent sans posture rétro
Deuxième sortie du duo sur Cyphon Recordings, High Rise EP confirme une trajectoire claire : produire une musique fonctionnelle mais habitée, précise mais jamais froide. Entre techno, house et dérives cinématiques, le disque dessine une ville imaginaire où l’humain subsiste dans les interstices des machines. Une œuvre discrète mais solide, qui ouvre sur une suite logique plutôt que sur un coup d’éclat…
Des machines réveillées, pas ressuscitées

Synaptic Voyager n’a jamais cherché l’effet nostalgique. Matt White et Paul Baines produisent depuis les années 1990, mais High Rise EP ne sonne ni comme un retour, ni comme une relecture. Les références à la Techno de Detroit et à la House de Chicago sont là, assumées, mais intégrées comme un langage vivant, pas comme un musée sonore. Une skyline sonore en mouvement : le morceau-titre High Rise pose le décor, rythmiques fermes, pads glacés, impression de hauteur et de vitesse. Rien d’ostentatoire, tout est question de tension maîtrisée. Airborne Avenues prolonge cette dynamique avec une écriture plus house, évoquant certaines périodes futuristes de The Black Dog ou Balil, sans mimétisme appuyé.
« Detroit Techno and Chicago House have been the root inspiration for many artists, and this is certainly true for Synaptic Voyager. » — Bio officielle du groupe
Entre espace profond et bitume nocturne

Nebula marque une inflexion nette. Plus lent, plus atmosphérique, le titre s’autorise une narration presque cinématographique. À l’inverse, Deep Impact revient à une efficacité plus directe : boîtes à rythmes 909, synthés analogiques, groove nocturne. Une dualité bien tenue, jamais schizophrène. La machine comme langage commun ? La clôture avec Robot Interlude résume bien l’EP : un pied dans l’héritage, l’autre dans une projection abstraite. 303, accords Detroit, structure concise.
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Pas de démonstration, mais une écriture sûre, pensée pour durer plutôt que pour frapper fort. Avec High Rise EP, Synaptic Voyager confirme une approche patiente et cohérente, produire moins, mais mieux ! Le disque ne cherche pas à redéfinir le genre, mais à y inscrire une voix stable et crédible. Une sortie qui s’écoute comme on observe une ville la nuit, sans précipitation, attentif aux détails, conscient que le mouvement continue, même quand tout semble immobile.


