LP FM Orchester

Le label Cosima Pitz présente FM Orchester : l’odyssée électronique d’une Phantásia retrouvée

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Un disque qui ressuscite les claviers FM des années 80 pour en faire une matière orchestrale et poétique. Une traversée narrative, entre ambient, nostalgie et mirages électroniques

FM Orchester, où la transformation des sons réputés kitsch en une fresque d’une élégance inattendue. Enregistré entre 2021 et 2024, et attendu pour le 18 octobre 2025, l’album s’inscrit dans une lignée contemporaine de réinventions sonores, mais garde une singularité : celle de convertir le vocabulaire numérique des années 80 en matière sensible et quasi symphonique. Ce disque pourrait bien installer durablement l’artiste allemande dans le paysage expérimental international…

Quand le synthé bon marché devient orchestre imaginaire

Tout commence avec des claviers FM des années 1980. Longtemps considérés comme des machines de seconde zone, bons pour accompagner les soirées de karaoké, ils deviennent ici le socle d’un récit. Ils sont traités comme on réhabiliterait une langue oubliée : patiente, minutieuse, sensible. De ce lexique sonore jaillit une « Phantásia » lointaine, un territoire intérieur où chaque note scintille comme un écho d’enfance ou de rêve. Un disque pensé comme une odyssée : enregistré principalement à Berlin par Jonas Meyer, avec la complicité de Daniel Jahn sur Densetsu et Der Baum, l’album déroule dix pièces qui forment un voyage complet. Des titres comme The Quest, Miroir ou Abraxas guident l’écoute vers une narration implicite, presque cinématographique. Rien de frontal, plutôt une dérive douce, où les mélodies lo-fi deviennent des paysages en suspension.

« FM Orchester is an adventurous quest towards a distant Phantásia. » — Cosima Pitz (Bandcamp, 2025)

Héritages et filiations

L’ombre de l’ambient plane, bien sûr. Mais là où d’autres empruntent au grandiose, l’opus privilégie l’esquisse et l’épure. La démarche rappelle la manière dont certains artistes contemporains — de Oneohtrix Point Never à Malibu — recyclent les technologies numériques passées. Pourtant, FM Orchester conserve une identité propre, résolument intime. Comme le rappelle Brian Eno : « Ambient music must be as ignorable as it is interesting » (Notes on Ambient Music, 1978). Ici, l’équilibre est atteint : la musique peut se dissoudre dans le quotidien, tout en révélant des strates riches et mouvantes à qui s’y attarde. Le mastering soigné d’Adam Badí Donoval lui confère une profondeur et une clarté rares. En érigeant des synthés FM en orchestre imaginaire, Ce disque joue avec la mémoire collective autant qu’il invente une langue neuve. FM Orchester pourrait bien marquer le début d’un cycle où la poésie électronique trouvera un écho bien au-delà de la scène berlinoise.

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