Pour leur première apparition sur 20/20 Vision, Dori Sadovnik et Niv Arzi signent un 4-titres traversé par la house, l’electro, le dub et les réminiscences du bleep britannique. Red Box constitue le premier volet d’une série de 3 EPs conçue pour le label anglais
Avec Red Axes, les catégories ont toujours eu tendance à perdre de leur netteté. Depuis 2010, le duo confronte guitares, boîtes à rythmes et synthétiseurs avec une liberté héritée du post-punk autant que de la culture club. Cette approche trouve un nouveau terrain de jeu chez 20/20 Vision, qui inaugure avec Red Box une collaboration appelée à se poursuivre sur 3 disques…
Une mécanique volontairement instable
Le morceau-titre possède tous les éléments nécessaires à son efficacité : une basse mobile, des snares franches, des charlestons tendus et des nappes qui élargissent progressivement l’espace. Mais Red Axes évitent de les faire fonctionner trop proprement. Les effets de bande et les échos déplacent les sons, comme si la structure risquait à tout moment de perdre son équilibre. Cette légère instabilité fait l’intérêt du titre. Le duo ne reconstitue pas méthodiquement le bleep britannique du début des années 1990 ; il en retrouve plutôt le plaisir physique, lorsque quelques fréquences graves et des percussions sèches suffisaient à transformer une salle. La référence historique demeure présente, mais elle passe par des gestes de musiciens plutôt que par un travail d’archivistes.
La voix derrière les machines
Avec Eko, le disque ralentit son mouvement apparent. Le rythme devient moins frontal et les synthétiseurs laissent davantage de place au doute. Au milieu de ces formes électroniques revient une phrase, « Fear to Change », murmurée comme une pensée dont on ne parviendrait pas à se débarrasser. Ces quelques mots suffisent à donner une dimension humaine à une production pourtant froide en surface. Ils peuvent évoquer la peur de se transformer, mais aussi celle de demeurer immobile. Cette ambiguïté correspond assez bien à Red Axes : un duo reconnaissable entre tous, précisément parce qu’il refuse de répéter trop fidèlement ce qui l’a rendu reconnaissable.
Nous essayons d’oublier toutes les règles. Le plus important est simplement de créer et d’être honnêtes l’un envers l’autre
– Red Axes (DJ Mag 2018)
Une rencontre avec l’histoire de 20/20 Vision
La présence de Random Factor donne une profondeur particulière à cette arrivée chez 20/20 Vision. Sous ce nom, Carl Finlow a accompagné les premières années du label et contribué à façonner une electro britannique précise, mélodique et peu soucieuse des frontières entre les scènes. Son remix de Red Box privilégie la retenue. Plutôt que de rendre le titre plus massif, il en réduit la matière et installe une mélancolie plus nette. Cette relecture agit comme un passage de relais : Red Axes entrent dans l’univers du label tandis qu’un de ses artisans historiques reformule leur morceau avec son propre vocabulaire.
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Un premier chapitre laissé ouvert

La fin de l’EP refuse encore de choisir une direction unique. FTS rapproche des voix transformées, des breaks découpés et un motif electro-pop étonnamment immédiat. Après les tensions plus souterraines des titres précédents, cette dernière pièce introduit une forme de légèreté sans rendre le disque plus sage. Si certaines idées sont poussées jusqu’au morceau de club, d’autres restent volontairement en suspens. 2 autres EPs sont annoncés chez 20/20 Vision, et ce premier volume ne cherche pas à en prédire le contenu. Il pose simplement une question que Red Axes entretient depuis ses débuts : jusqu’où peut-on déplacer les habitudes du dancefloor sans perdre celles et ceux qui s’y trouvent ?



