LP In All Her Forms

Avec « In All Her Forms », IKSRE fait de l’eau une matière musicale

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Avec IN ALL HER FORMS (sound meditations vol. 2), IKSRE poursuit un chemin singulier, à la croisée de l’ambient, du néo-classique et des pratiques méditatives. Derrière ce projet se cache l’Australienne Phoebe Dubar, compositrice, multi-instrumentiste et praticienne en sound healing. Publié par Constellation Tatsu, cet album propose une immersion où chaque son épouse les métamorphoses de l’eau, à la fois paysage, symbole et matière vivante

Entre composition, méditation sonore et récit environnemental, IN ALL HER FORMS invite moins à écouter des morceaux qu’à traverser une expérience. Sans jamais tomber dans le discours démonstratif, IKSRE rappelle que l’ambient peut encore raconter quelque chose de notre époque. Sortie chez Constellation Tatsu, cette œuvre s’adresse autant aux amateurs d’écoute profonde qu’à ceux qui voient dans le son une manière d’habiter le monde…

L’eau comme partition

Photo IKSRE
© IKSRE

L’eau est partout, sans jamais se répéter. Elle se transforme, circule, disparaît puis réapparaît sous une autre forme. Solide, liquide ou vapeur, elle conserve pourtant la même nature. C’est cette idée qui irrigue IN ALL HER FORMS. Phoebe Dubar fait de ce cycle le fil conducteur de son album. Derrière cette observation physique se dessine une réflexion plus intime : comment évoluer, traverser les épreuves ou changer de direction sans perdre ce qui nous définit ? Les 12 pièces s’enchaînent comme les étapes d’un même courant, de Lake Shore à The Source, sans rupture, dans une progression qui privilégie le mouvement lent aux contrastes appuyés.

Les éléments plutôt que les effets

IKSRE (I Keep Seeing Rainbows Everywhere) est le projet de l’Australienne Phoebe Dubar, qui mêle voix, instruments acoustiques, électronique et enregistrements de terrain pour composer des paysages sonores entre nature et introspection. Ici, bols chantants, handpan, gongs, cordes, basse, synthétiseurs et textures électroniques cohabitent avec les sons du monde réel. Rien ne cherche à impressionner. Chaque élément trouve naturellement sa place dans une écriture qui privilégie les résonances, les respirations et les espaces laissés au silence. Le résultat tient autant de la composition ambient que de l’expérience d’écoute immersive, où la musique accompagne davantage qu’elle ne dirige.

« Water is ephemeral, sacred, and essential to life. It is both nurturing and destructive. »

– Phoebe Dubar 

Les enjeux du vivant

Sous son apparente sérénité, IN ALL HER FORMS reste profondément ancré dans le présent. L’eau y apparaît comme une ressource vitale, mais aussi comme l’un des symboles les plus évidents des bouleversements climatiques contemporains. Montée des océans, sécheresses, fragilité des écosystèmes ou tensions autour de l’accès à l’eau ne sont jamais décrites frontalement. Elles affleurent discrètement, comme un courant sous-jacent. Cette retenue donne au disque une portée plus universelle : il ne délivre pas un message, il ouvre un espace de réflexion.

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L’ambient comme espace d’écoute

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IKSRE © Claudia Sangiorgi Dalimore

Depuis quelques années, une nouvelle génération d’artistes ambient brouille les frontières entre musique, écologie sonore, installation et pratiques contemplatives. IKSRE s’inscrit pleinement dans cette évolution, sans céder aux recettes du bien-être standardisé. IN ALL HER FORMS n’est pas une musique d’accompagnement destinée à disparaître derrière nos activités quotidiennes. C’est une œuvre qui demande du temps, de la disponibilité et une certaine qualité de présence. Une posture devenue presque rare, à l’heure où l’écoute se fragmente en permanence. À une époque où l’ambient oscille entre bande-son décorative et expérimentation radicale, IN ALL HER FORMS choisit une troisième voie : celle d’une écoute attentive, profondément connectée au vivant. Un disque qui rappelle qu’avant de produire des émotions, la musique peut aussi apprendre à regarder, ou plutôt à entendre, autrement ce qui nous entoure.

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