Album Reveal par Hand

HAND – Reveal

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Avec Reveal, Sascha Bachman partage sa vision de la musique ambiante. Il dresse même une cartographie de son univers : le big bang se situe dans le ventre des mères, cocon essentiel au bon déroulement du voyage de l’auditeur·trice

Pour Reveal, son album enregistré au Pionierpalast de Berlin, Sascha Bachman aka HAND dit avoir créé un équilibre unique entre de la musique ambiante classique et des sons qui frôlent les abords de la mélodie et de l’harmonie, au moment où l’impulsion se situe juste au-dessus du subliminal. Difficile en effet de faire une meilleure description…

Odyssée entre intérieur et extérieur

Les éléments sonores gambadent ainsi, dans un univers à la fois réconfortant et obsédant et, si la surface de l’album peut être douce, sa musique atteint des profondeurs, et quelles profondeurs ! Sa combinaison de paysages sonores et d’un pouls qui pénètre inexorablement le corps de l’auditeur est une esthétique qui s’est d’abord imposée par une question : “Quel est le premier son que nous ayons jamais entendu ? Qu’est-ce que nous écoutons dans le ventre de notre mère pendant la grossesse ?”

Dans son imagination : “nous avons tous entendu une grande impulsion du rythme cardiaque, entourée d’un son bourdonnant du monde extérieur”. Cette image en tête, il explore alors son concept en musique ambiante, tout particulièrement parce qu’il souhaite calmer l’auditeur.

En seulement six titres, dont le plus long fait 6 min 33, le voyage proposé par HAND est un (très) long courrier partit le 13 juin 2019 des hauteurs stratosphériques de God Only Knows, pour atteindre les distances galactiques de Into the Void, et trouver son terminus à Poem for Tanja, un poème nostalgique dédié à la bande magnétique.

Épiphanie musicale

Dans les années 80, Sascha Bachman passe du temps à écouter le magnétophone Tesla de son père. Depuis, l’analogique est un médium fondamental dans ses créations. Lors de ses concerts, il utilise un magnétophone et projette des films Super 8.

À propos de son approche unique, il raconte : “J’ai une formation de batteur professionnel et je n’ai longtemps été concentré que sur ma carrière de sideman. Mais, dans mon cas, grandir à Berlin sans se lancer dans la musique électronique, voire ambiante, n’était tout simplement pas possible. Ce genre de musique était constamment dans mon esprit.”

Écouter, pratiquer

Un jour, il décide donc de quitter les groupes avec lesquels il joue pour se concentrer sur la recherche sonore, et la façon de créer son propre univers. À cette époque, il écoute beaucoup William Basinski, Basic Channel (Moritz von Oswald & Mark Ernestus) et GAS, notamment en se demandant comment Basinski pourrait sonner s’il faisait de la musique dédié aux pistes de danse…

Des questions, Sascha Bachman s’en pose : ses réponses se dégustent évidement en musique, mais aussi sous forme de tutoriels, et autres bidouilleries, que l’on peut consulter sur sa page Youtube! Juste au cas où vous aimez les chats, voici une petite friandise offerte par HAND…

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