LP The Tower - Reimagined

Autotel ouvre les portes de The Tower : neuf remixes pour prolonger une aventure sonore

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Un bon album de remixes ne cherche pas à reproduire l’original. Il le met à l’épreuve. Avec The Tower Reimagined, le label EC Underground invite neuf producteurs à revisiter Fatal, l’une des pièces maîtresses de The Tower, l’album qu’Autotel publiait en 2024. Le résultat dépasse largement l’exercice de style : chaque relecture révèle une facette différente d’une œuvre déjà riche, tout en dessinant le portrait d’une scène électronique indépendante

Avec The Tower Reimagined, EC Underground démontre qu’un album de remixes peut encore constituer une véritable proposition artistique. En réunissant neuf producteurs autour de Fatal, Autotel voit son univers se déployer sous de nouvelles formes sans perdre son identité. Une publication qui rappelle que les œuvres les plus ouvertes ne s’achèvent jamais vraiment : elles continuent d’évoluer à travers celles et ceux qui choisissent de les écouter autrement…

Quand un morceau continue de vivre

Photo Autotel
© Autotel

Il arrive qu’un titre refuse de s’arrêter à sa version d’origine. Fatal appartient à cette catégorie. Sa structure ouverte, son écriture atmosphérique et ses textures mouvantes offrent suffisamment d’espace pour que d’autres musiciens puissent y inscrire leur propre langage. C’est précisément l’idée de The Tower Reimagined. Plutôt que de multiplier les variations convenues, EC Underground confie le morceau à neuf producteurs, issus pour certains du label et, pour d’autres, invités pour l’occasion. Chacun s’empare des éléments qui lui parlent : une ligne rythmique, une ambiance, un motif mélodique ou une simple sensation. Les versions se répondent sans jamais se répéter.

Autotel, bâtisseur de paysages électroniques

Derrière Autotel se trouve le musicien et producteur chilien Joaquín Aldunate, dont le travail se distingue par une approche artisanale de la création sonore. Pour The Tower, il utilise notamment des instruments conçus ou modifiés par ses soins, laissant l’improvisation dialoguer avec une composition minutieusement pensée. Cette méthode produit une musique difficile à enfermer dans une seule catégorie. Ambient, techno contemplative, électronique expérimentale ou encore influences industrielles s’y croisent naturellement. Rien n’y semble démonstratif. Tout paraît construit autour d’une même recherche : faire émerger une émotion par la matière sonore elle-même. Cette identité forte explique sans doute pourquoi The Tower avait retenu l’attention de plusieurs médias spécialisés lors de sa sortie, notamment Igloo Magazine, qui soulignait la singularité de son univers sonore.

« A remix should reveal something hidden in the original. »

– Brian Eno

Neuf regards, une même matière

L’intérêt d’un disque de remixes se mesure souvent à sa capacité à surprendre. Ici, aucun producteur ne cherche à imposer une recette unique. Serge Geyzel privilégie une progression immersive où les nappes prennent progressivement possession de l’espace. René Roco fait basculer le morceau vers une électronique plus tendue et cinématographique. Vic Bang joue davantage avec les contrastes tandis qu’Analept choisit l’économie de moyens, laissant respirer les silences et les inflexions mélodiques. Cette diversité constitue la véritable force du projet. Les neuf versions ne s’écoutent pas comme une succession de morceaux indépendants, mais comme autant de chemins qui ramènent toujours vers le cœur de l’œuvre d’Autotel.

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L’indépendance comme espace d’expérimentation

Photo Autotel
© Autotel

Au-delà du disque lui-même, The Tower Reimagined raconte aussi quelque chose d’une certaine manière de faire vivre la musique électronique aujourd’hui. Celle des labels indépendants qui privilégient les collaborations, les échanges et les rencontres artistiques plutôt que la logique du simple produit promotionnel. Les premières chroniques publiées par Choon Review, Frequency State ou Parkett Channel, tout comme les diffusions sur plusieurs radios et playlists spécialisées, montrent que cette approche trouve un écho auprès d’un public curieux des marges de l’électronique contemporaine. Le mastering, confié à Frank Riggio, assure une cohérence d’ensemble malgré la diversité des signatures. Quant à l’identité visuelle, réalisée par Joaquín Aldunate lui-même, elle prolonge naturellement l’esthétique singulière développée depuis The Tower.

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