Avec Spirit Duplicator, Ben Holton retrouve les salles d’école, les cassettes et la télévision de son enfance britannique. Douze morceaux consacrés à ces souvenirs dont les détails s’effacent tandis que certaines sensations demeurent
Paru le 2 octobre 2026 chez Wayside & Woodland Recordings, le nouvel album de The Balloonist, aka Ben Holton, prolonge les recherches personnelles de l’un des membres d’epic45. Guitares, synthétiseurs, flûtes et programmations électroniques composent la palette d’un projet placé sous le signe de la mémoire fragmentaire…
Une enfance dans le Staffordshire

Ben Holton et Rob Glover, les deux fondateurs d’epic45, ont grandi à Wheaton Aston, dans le Staffordshire. Leur amitié s’est nourrie d’histoires de fantômes, de programmes télévisés étranges et des Pet Shop Boys. Autant de repères qui éclairent le travail de Holton sous le nom de The Balloonist, qu’il décrivait en 2024 comme une approche particulièrement onirique et nostalgique de ses explorations musicales assez ambient. L’enfance constitue ici un terrain personnel, partagé avec celui qui deviendra son compagnon de musique et le cofondateur du label Wayside & Woodland.
Des souvenirs sur bande
Après les trajets à travers la campagne britannique évoqués par Dreamland en 2025, Spirit Duplicator resserre son cadre autour du quotidien scolaire et domestique du milieu et de la fin des années 1980. Dans sa présentation, Holton convoque la résonance d’une salle d’école, les cassettes des Pet Shop Boys écoutées sur un appareil bon marché, les génériques télévisés des après-midi pluvieux et la pop radiophonique entendue distraitement. Le projet s’attache à la façon dont ces souvenirs se transforment avec les années, jusqu’à perdre leur netteté. La musique enregistrée et ses appareils de lecture appartiennent ainsi pleinement à l’histoire racontée dans cet opus.
« Des souvenirs fragmentés d’une enfance du milieu à la fin des années 1980. »
– Ben Holton
Un atelier à une seule personne
Holton prend en charge l’ensemble des instruments : guitare, synthétiseurs, basse, batterie, programmation rythmique, voix, flûte à bec et penny whistle. Il assure également l’enregistrement, la production et le mastering. Cette palette réunit des moyens électroniques et des instruments dont le souffle et le jeu peuvent porter une présence plus physique. Les titres précisent, eux, le décor annoncé : The Schoolmaster’s House, Growing And Learning et School Faces ramènent vers l’école. Memory Error peut alors se lire comme un avertissement sur la fiabilité du récit, voire de l’enregistrement…
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Ce que chacun garde en mémoire

De Good Morning Britain à The Next Programme Follows Shortly, l’album s’encadre de deux titres qui évoquent le langage de la télévision. Entre les deux apparaissent des visages d’école, une lumière derrière les rideaux, les étoiles en hiver ou une journée tranquille. Ces repères dessinent une autobiographie à hauteur d’enfant, attentive aux événements qui peuvent sembler minuscules. La perspective la plus féconde du projet tient à ce passage possible entre mémoire personnelle et expérience commune : lorsque les programmes, les chansons ou les lieux diffèrent, chacun peut reconnaître ce curieux décalage entre un souvenir devenu imprécis et l’émotion vive qui l’accompagne encore.



