Avec Delicious Capricious, paru le 16 octobre 2026, Sarah Tandy élargit son terrain de jeu. La pianiste londonienne dévoile une production électronique et réunit K.O.G., Kyra, Tee Peters et Akin Soul, entre jazz, soul, hip-hop et funk psychédélique
De la formation classique aux clubs de jazz, du clavier au travail de production, le parcours de Sarah Tandy avance par élargissements successifs. Après Infection in the Sentence (2019 – Jazz re), Delicious Capricious ouvre un nouvel espace aux voix et aux rythmes électroniques. Une évolution nourrie par des rencontres et par le temps passé à apprendre d’autres façons de composer…
Le classique, et la liberté

Sarah Tandy grandit dans l’ouest de Londres, au sein d’une famille de musiciens. Le piano classique structure ses premières années ; elle atteint notamment la finale de la catégorie claviers du concours BBC Young Musician en 2002. C’est pendant ses études de littérature anglaise à Cambridge qu’elle approfondit son rapport au jazz, avec l’écoute de John Coltrane, de McCoy Tyner ou d’Herbie Hancock. De retour sur la scène londonienne, sa résidence au Servant Jazz Quarters, à Dalston, devient un lieu de rencontres décisif, particulièrement avec Femi Koleoso, Mutale Chashi et Binker Golding.
Quand le studio s’ouvre
En 2020, l’interruption des concerts durant la pandémie lui donne le temps d’étudier la production et la musique électronique. Cet apprentissage lui permet de participer à l’écriture et à la production de Voice Notes, de Yazmin Lacey, puis à la création de son album, Delicious Capricious. Ce changement dépasse le simple ajout de quelques textures autour du piano : Tandy étend son rôle à la fabrication du disque, comme compositrice, interprète et productrice. Matt Mysko assure le mixage et Zino Mikorey le mastering.
« La musique devait pouvoir accueillir le tempérament musical de chacun. »
– Sarah Tandy
Des voix pour déplacer le centre
Cette place accordée aux autres prend une forme nouvelle. Akin Soul intervient sur My Motion, Tee Peters sur You Need to Heal, K.O.G. sur Pressure et Kyra sur Imagine. La diversité des échanges peut surprendre celles et ceux qui aiment le confort d’un tracklisting homogène, notamment dans le jazz. Toutefois, ces collaborations ponctuent un programme qui conserve des plages instrumentales captivantes, dont Hyperjazz, Keep Dreaming et Fragments.
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Le jazz à plusieurs adresses

Funk psychédélique, grime, trip-hop, soul : la présentation de Delicious Capricious revendique donc une large palette. Cette curiosité prolonge une intention déjà exprimée en 2019, lorsque Tandy cherchait à relier le jazz de ses premières écoutes aux multiples langages musicaux du Londres contemporain. La production lui offre désormais d’autres moyens d’explorer cette relation. Le disque invite ainsi à suivre une musicienne dont le parcours collectif, de Nubya Garcia à Yazmin Lacey, nourrit une œuvre personnelle en pleine évolution que nous allons suivre avec plaisir.




