LP Today's Special

Les mots à découvert avec Hanne Lippard & Renato Grieco

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Avec Today’s Special, Hanne Lippard et Renato Grieco composent douze pièces où la diction organise la musique autant que le sens. Voix, viole de gambe et claviers mettent en mouvement anecdotes, jeux de langage et paroles empruntées, dans une écriture fondée sur la précision et la réduction des moyens

Hanne Lippard et Renato Grieco font dialoguer art du langage et composition acoustique. Douze pièces entre humour, règles d’écriture et détournement des discours quotidiens…

Une rencontre écrite au cordeau

Photo Hanne Lippard & Renato Grieco
Hanne Lippard & Renato Grieco © Davy Denke

Today’s Special s’est développé au cours de courtes résidences à Rome, Naples et Berlin. Lippard et Grieco y ont élaboré des règles, des matrices et des correspondances entre leurs pratiques respectives. La présentation insiste sur la faible place laissée à l’improvisation : les échanges reposent sur une construction précise. Répétitions, intonations et mouvements mélodiques deviennent les éléments d’une écriture commune, attentive à ce que chaque intervention apporte à la pièce.

La musique comme typographie

Formée au graphisme, Hanne Lippard envisage la voix comme un moyen de donner une présence sonore à la typographie. Dans ce dispositif, la viole de gambe de Renato Grieco peut agir comme un soulignement, ou bien prolonger le tracé d’une lettre. Ses cordes, pincées, frottées ou grattées, suivent et déplacent les inflexions du texte. Le compositeur joue également du piano et du Wurlitzer, et intervient à la voix sur les titres Receiver et The Black Rose. L’instrumentation participe notamment à l’articulation du discours, à ses accents et à ses espacements.

« Je veux une réduction extrême : ne pas se cacher. »
– Renato Grieco

Le quotidien passé au langage

Les textes réunissent des œuvres nouvelles mais aussi antérieures de Lippard. Portrait of a Betrayal prend appui sur la perte d’un téléphone et sur la persistance de cet objet dans l’esprit de son propriétaire. Labradorable personnifie le désir de plaire, tandis que A Story About Being Blue imagine un monologue du superordinateur Deep Blue. Sur Hurtbeat, le duo décompose puis réorganise un message publié par un collectionneur d’art russe, présenté comme une fausse excuse concernant la possession d’une œuvre raciste… Anecdotes et discours publics fournissent ainsi une matière dont la répétition et le déplacement peuvent révéler les ressorts.

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Les paroles des autres

Photo Hanne Lippard & Renato Grieco
Hanne Lippard & Renato Grieco © Kornelija Žvinklytė

Receiver accueille des phrases empruntées à Improvement (Don Leaves Linda) de Robert Ashley, dont le travail constitue ici une référence revendiquée. En conclusion, The Black Rose transforme une discussion Reddit sur l’existence des roses noires en conversation écrite, enregistrée dans une esthétique de radio en ligne ou de podcast artisanal. Ce passage d’un échange numérique à une interprétation vocale rejoint l’exigence formulée par Grieco : réduire les moyens pour exposer chaque élément et donner tout son poids à la précision du geste, à la relation avec l’auditeur ; un minimalisme de moyens qui vise une intensité émotionnelle maximale.

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Antoine Brettman est un bricoleur d'images et de sons... Son travail s'inscrit dans le courant de l’art vidéo par la réappropriation d'œuvres audiovisuelles, où il exploite la virtualité des images afin de confronter au monde réel son recyclage d'histoires.

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