artwork cover de l'album Medhead de Cosmo Vitelli

Cosmo Vitelli au sommet de son art, Medhead est son troisième album solo

5 min de lecture
Démarrer

Paru le 18 mars 2022 via son label “I’m A Cliché”, le nouvel album de Cosmo Vitelli sublime l’empreinte sonore du producteur

Installé à Berlin depuis quelques années, l’artiste français livre un splendide troisième album solo, comprenant la participation de Truus de Groot, chanteuse et artiste électronique néerlandaise à qui l’on doit notamment Februari – April ’81, l’album culte du groupe Plus Instruments. Medhead est le résultat d’un travail minutieux où les atmosphères indus, disco, synth-pop et krautrock s’affranchissent de la moindre banalité…

Medhead, le nouvel LP de Cosmo Vitelli

DJ et producteur, Cosmo Vitelli choisi son pseudonyme en référence au héros du film Meurtre d’un bookmaker chinois (John Cassavetes, 1976). Il s’installe à Paris en 1993. Il joue avec le groupe indé “Perio” et enregistre des maquettes sur son magnéto quatre pistes. Créé en 1995 par Etienne de Crécy, Pierre-Michel Levallois et Alex Gopher, le label Solid signe son premier maxi éponyme en 1997. Le producteur trace alors son sillon et sort Vidéo, son premier album, en 1998. L’artiste passe plusieurs mois dans le studio de Air et participe à l’enregistrement de leur album 10,000 Hz Legend. Son second album, Clean, paraît en janvier 2003, un an avant la création de son label indépendant, I’m A Cliché. Au delà d’y sortir ses propres morceaux, il soutient des groupes comme Simian Mobile Disco et Azari & Ill, Aysam, C.H.E, Yuksek, Tacteel, Domenico Torti, Runaway ou Uncle O, ainsi que les morceaux de Bot’Ox, son projet musical en collaboration avec Julien Briffaz du groupe [T]EKËL.

Désormais Berlinois, et plus de vingt ans après avoir participé la vague French Touch, Cosmo Vitelli sort son troisième album, huit titres dont cinq enregistrés en collaboration avec Truus de Groot. Ce nouveau disque, dont les copies vinyles sont déjà épuisées, s’affirme comme une déclaration sur la puissance du langage électronique et de ses récits récursifs profonds. Émancipé de toute contrainte normative ainsi que du culte du branding, on peut y entendre tout un panel de registres merveilleusement agencés : kraut slo-drip, disco gaspillé, motel-pop trouble, néo-kosmische, hip-hop, indus et indie-rock. Pour Cosmo Vitelli, “ce nouvel album comble les lacunes et ré-interroge notre réalité, qui semble si encline à s’asservir à la rupture et à la disjonction. Laissez ce chaos organisé s’emparer de vos sens et partez vers un monde de merveilles sauvages et étranges”.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Cosmo Vitelli (@ilcosmovitelli)

Avec Medhead, Vitelli et de Groot ont créé une oeuvre pertinente et intemporelle, qui débute comme une introduction de film SF. L’ambiance est troublante, mais loin d’être inaccessible. En ouverture, 7 Foot Clown in My Bed déroule ses synthés qui sifflent, sa boîte à rythmes un peu sèche arrosée de sauce piquante, et la voix de Groot qui raconte assez froidement une étrange histoire teintée d’érotisme léger. Cette pièce dévoile toute la maîtrise du producteur dans les assemblages entre construction des couches sonore et tensions du récit, c’est ainsi que Medhead donne le ton de l’album… Les moments de libération sont cependant explosifs. Les aiguilles dans le rouge de High Blood Pressure se glissent dans la foulée de l’ouverture, en une boucle EBM de batterie lente et écrasante, enrobée de synthés assez gras.

How Is It To Be You? et Down The Hatch s’approprie le dancefloor à coup d’électro, tandis que Trichophilia consume l’oxygène de la pièce, dans un tourbillon d’ambiance Eyes Wide Shut… Le disco synthétique de Just Like His Dad pétille sous les stroboscopes tandis que Patient Zero, la pièce maîtresse instrumentale et tentaculaire, perfectionne le climax de l’album en un parfait slow motion ! Compte tenu du contexte de l’album, le disque délaisse l’aspect métallique pour se terminer sur une note lumineuse, Don’t Sleep offre la caresse bienvenue d’un lever de soleil, telle une transition pop drone vers une nouvelle aventure…

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

code

Photo de Plastikman & Chilly Gonzales
Article précédent

Consumed In Key, la rencontre entre la techno de Plastikman et le piano de Chilly Gonzales

Artwork cover de l'album Chimère fm de I:Cube et John Cravache
Prochain article

Chimère FM, une curiosité sonore signée I:Cube et John Cravache