Fouk & Junktion poursuit sa cure de beats à la carotène avec le second volet de 24 CARROT

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Dans la foulée du EP publié l’année dernière, Fouk & Junktion sort un deuxième volume riche en House vitaminée, sobrement intitulé 24 CARROT #2

Prêt pour une virée dans une série B mis en musique par Fouk & Junktion ? Basses acidulées, boogie tapageur, pulsations cosmo-discoïde, le duo néerlandais s’amuse de mélanges juteux entre house, funk et polyrythmies afro.lLe EP 24 Carrot #2 propose quatre titres aux allures de friandises pour clubs. Winner Winner est une effervescente fusion dans laquelle le spectre de Fela Kuti s’embarque pour Chicago avec un orchestre de jazz éthiopien. On reste dans la ville où naît la recette de la house, Chicken Dinner ravive l’étendard filtré de Paul Johnson, jusqu’à titiller le swing tourbillonnant des arpèges de French Kiss… On change de face pour savourer le funk piquant de Mustard sur un dancefloor arrosé de basses très deep et, pour couronner l’ensemble, le titre Smokes s’invite à l’after, façon digestif millésimé.


Questions / Réponses avec Fouk & Junktion

La sortie de ce 2e EP était une bonne occasion pour poser quelques questions au duo Fouk & Junktion, Ils évoquent leurs inspirations, leur processus créatif ainsi que le long parcours qui nous attend jusqu’à une réouverture des clubs…

Antoine. Brettman. Vous produisez une House Music finement filtrée, votre café c’est du déca ? Plus sérieusement, pouvez-vous parler de vos inspirations?
Fouk.&.Junktion. Merci ! (rires) Nous sommes de grands fans de café. Nous sommes inspirés par beaucoup de gens et de choses. Cela change toujours, mais dernièrement nous avons vraiment vibré sur le nouvel album de Dan Kye, Small Moments. Les sessions Twitch de Disclosure sont vraiment cool à suivre, également sur le travail à distance, ce qui peut être un défi, et les gars donnent un exemple particulièrement bon sur la façon de réussir. Des artistes comme Jacob Collier sont très inspirants, c’est un sorcier des harmonies !

A.B. Le gimmick de piano qui prend son envol sur le titre Chicken Dinner, est-ce un hommage au French Kiss de Lil Louis ?
F.&.J. Tu parles du synthétiseur arpégiateur ? Ce n’est pas inspiré de French Kiss, mais nous pouvons imaginer que vous puissiez le penser, car c’est définitivement un morceau inspirant. Quel classique!

A.B. Pendant vos Dj sets, vous êtes du genre à taper dans la zone rouge, ou plutôt à prendre soin des niveaux sonores, et des oreilles de chacun ?
F.&.J. Nous sommes très respectueux avec le système audio, donc nous n’allons pas dans la ligne rouge. Nous cherchons généralement à baisser les niveaux, pour «lécher» légèrement cette zone, bien que dans le feu de l’action ou lors de l’utilisation d’un filtre avec une certaine résonance, il arrive parfois qu’il fasse un peu plus chaud qu’a l’accoutumée. Mais parfois, vous voyez des gens pousser les niveaux sonores combinés avec les bandes d’égalisation tournées complètement vers la droite et, là, c’est juste déroutant…

Photo de Fouk & Junktion par Lennard Heijer
Fouk & Junktion © Lennard Heijer

A.B. Quelques mots sur votre processus créatif ?
F.&.J. En général, nous commençons simplement… quelque part. Cela dépend, parfois avec un bon échantillon au bon groove, ou avec un peu de batterie que nous programmons ou jouons. Notre truc c’est de laisser cela se produire de manière assez organique. La question la plus intéressante est de savoir quand est-ce qu’on termine, quand le morceau est-il vraiment terminé ? Nous avons tendance à bricoler et à beaucoup peaufiner sur la fin, on en a pris l’habitude car, même si c’est plus difficile, on est alors prêt à laisser la création faire sa vie sans nous. C’est quelque chose que nous avons appris à faire de manière plus décisive, pour vraiment déterminer quand un track est terminée. Sinon, vous risquez de trop changer, et de ruiner l’ambiance initiale du morceau.

A.B. Un conseil pour celles et ceux qui aimeraient retourner en club ?
F.&.J. Oof ! Ouais, c’est la grande question, non ? En réalité, nous pensons que l’année prochaine sera bien avancée avant que tout ne se remette en place. On ne pense même pas aux tournées internationales, cela pourrait prendre peu plus de temps, car les lieux et les promoteurs ont tellement souffert financièrement après cette longue période sans revenus. Les festivals d’été auraient peut-être plus de chance, car ils seront à l’extérieur, mais qui sait ? Nous pensons que retourner en club sera peut-être un peu gênant au début. Il est surprenant de constater à quel point nous nous sommes habitués à garder nos distances, cela prendrait un certain temps pour que cette sensation disparaisse. Après avoir été enfermés pendant si longtemps, la prochaine fois que nous irons dans un club, nous supposons que nous allons faire la fête comme jamais auparavant 🙂

Photo de Fouk & Junktion par Lennard Heijer
Fouk & Junktion © Lennard Heijer

We just say Fouk…

Amis depuis l’enfance, Daniel Leseman & Junktion (Hans Peeman) se rencontrent autour d’un son house imprégné de disco et de funk. Après que Detroit Dam Swindle les ai signés sur leur label avec le EP Kill Frenzy, le duo acquiert un large public large et des demandes de DJ sets à travers l’Europe, les États-Unis et l’Australie, dont quelques date mémorables, comme Glastonbury, LoveBox, Welcome To The Future, Concrete Paris, Output New York, Club Space Miami… Leur premier vinyle en tant que Fouk, et créé par Outplay Records, recueille également beaucoup d’enthousiasme, de même que les EP pour Room With A View, The House of Disco et Razor-n-Tape, ainsi que les remixes pour Kraak & Smaak, Groove Armada, Luke Million, Joey Negro et Mayer Hawthorne… Alors, Fouk yourself !

Antoine Brettman est un bricoleur d'images... Ses œuvres s'inscrivent dans le courant de l’art vidéo, dans la réappropriation d'œuvres audiovisuelles, dans l'exploitation de la virtualité des images pour confronter au monde réel son recyclage d'histoires...

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