Derrière Circus Operandi, Donatas Chipak et Titas Tumosa prolongent l’énergie nocturne de Vilnius. Leur EP, paru le 23 avril 2026 sur Customs & Faces, navigue à vue entre electro, techno, tension 4/4 et humour sec
Avec Blah Blah, déjà joué depuis plusieurs mois par Ivan Smagghe, Circus Operandi signe un disque qui ne cherche pas à expliquer le club, mais à le faire tenir debout : une voix absurde, une basse qui serre, des nappes qui regardent ailleurs. Le genre d’EP qui circule d’abord par les DJs, puis par les corps…
Pizza, kick et brouillard
Circus Operandi DR
Il y a dans Blah Blah quelque chose de presque idiot, donc de plutôt sérieux. Une histoire de commande de pizza, une voix trafiquée, un motif qui revient comme une blague privée au milieu de la nuit. Sauf que ce morceau ne repose pas seulement sur un gag, il tient avant tout par son nerf, sa mécanique, son équilibre subtil entre raideur électro et swing techno. Ivan Smagghe le joue dans chacun de ses sets depuis 6 mois, le titre a aussi circulé chez Shonky et Francesco Del Garda ; ce n’est pas un hasard. Vilnius, zone de frottement : Circus Operandi vient d’une scène où le club semble encore fonctionner comme un laboratoire. Opium, désormais disparu, et Gallery 1986 ne sont pas ici de simples repères biographiques, ce sont des lieux de frottement, de croisements et d’heures tardives. C’est là que Smagghe et Niv Arzi, derrière Customs & Faces, ont croisé le duo. L’EP n’est pas vraiment poli, les titres Fantast et Hints descendent vers une électro plus émotive et sans mollesse. Denter, lui, effleure une trance validée sans sucre.
« We’re not keen at describing the music we release at C & F, no need for pigeonholing ourselves. » – Customs & Faces
Après le blah-blah
Ce premier EP ne révolutionne pas la dance music, et ce n’est pas son projet. Il rappelle plutôt une chose simple : la musique de club fonctionne encore très bien quand elle accepte d’être bizarre, physique, un peu sale mais calibrée. Circus Operandi ne cherche pas la grande déclaration, le duo préfère poser 4 morceaux nocturnes, solides mais souples, pour circuler entre électro, techno et trance oblique. C’est souvent là que les meilleures histoires commencent, sans discours, avec un disque qui passe de main en main.
Une suite est déjà attendue, presque logique : au fond, la légitimité de l’EP ne se discute pas, elle s’entend, dans la tenue des morceaux, leur précision et leur capacité à s’inscrire durablement dans les sets sans jamais s’épuiser. Si Circus Operandi continue sur cette ligne, le duo pourrait rapidement dépasser le simple circuit des DJs pour s’installer dans une cartographie plus large, où Vilnius cesse enfin de n’être qu’un point périphérique pour la scène électro.