LP Nos Vemos El Próximo Año

Chúpame el Dedo, la neo salsa selon Geoba

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Avec Nos Vemos El Próximo Año, Eblis Álvarez et Pedro Ojeda donnent une nouvelle tournure à leur délire musical et religieux. Le duo de Bogotá délaisse son satanisme de carnaval pour une conversion tout aussi irrévérencieuse : place aux « témoins de Geoba » et à une salsa traversée de synthétiseurs et de voix déformées

Chúpame el Dedo revient chez Keroxen avec neuf titres enregistrés à Tenerife. Une nouvelle étape dans les collisions tropicales du duo colombien, entre salsa, électronique et parodie religieuse…

Une conversion peu catholique

ILL Chúpame el Dedo
© Chúpame el Dedo

Chúpame el Dedo réunit Eblis Álvarez Vargas et Pedro Ojeda Acosta. Après leurs croisements de metal et de cumbia, les deux musiciens annoncent une nouvelle obédience : ils seraient désormais « témoins de Geoba ». Le communiqué pousse cette conversion fictive jusqu’à l’absurde, remplaçant pentagrammes et fourches par des maracas. Le registre religieux demeure, mais change de décor pour accompagner ce nouveau chapitre.

La salsa comme terrain de collision

La présentation du disque annonce des rythmiques caribéennes au swing appuyé, heurtées par des riffs de synthétiseurs psychédéliques. Les voix participent à cette instabilité : grondements graves et interventions suraiguës prolongent le goût du duo pour les transformations vocales. La salsa fournit ici le terrain d’une rencontre avec l’électronique, la déformation et l’excès, dans la continuité de leurs précédentes expérimentations tropicales.

Une conversion imaginaire, des rythmes caribéens et une même volonté de faire dérailler les formes – Houz-Motik

Geoba veille sur les morceaux

La divinité maison circule jusque dans les titres : Hice Llorar a Geoba, Jeova en Ecuador, Jeova enpelotas ou La Salsa esta de Moda (y Geoba lo Sabe). À leurs côtés, Donde Esta la Cultura de mi País et Al Mundial con ChupameElDedo ouvrent d’autres pistes, entre interrogation culturelle et imaginaire du football. Sans disposer des paroles, ces intitulés donnent déjà une idée de la place prise par le détournement et les associations incongrues dans l’univers du groupe.

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Une session à Tenerife

Les neuf morceaux ont été enregistrés en 2025 à Tenerife par Jorge Lorenzo. Le duo signe les compositions et les arrangements ; Eblis Álvarez assure également le mixage et le mastering. Mateo Rivano intervient pour l’artwork, le concept graphique et le conseil musical. Cette réalisation aux Canaries se prolonge jusque dans les remerciements, qui placent Tenerife, Lanzarote et Las Palmas sous la bénédiction de Geoba.

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