LP 7

Une voix bien entourée, Peder présente « 7 »

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Pour son septième album solo, le Danois Peder Thomas Pedersen rassemble harpiste, choristes et compagnons de studio autour de ses chansons. Un disque et un enjeu intime : trouver, dans la richesse des arrangements, une place pour sa propre voix

Avec 7, le musicien Peder poursuit une aventure nourrie par le travail collectif. Rachel Kitchlew, Moo Latte, Nikolaj Torp et Asger Baden participent à ce septième album, dont les onze morceaux font voisiner chansons, références cinématographiques et clins d’œil musicaux. La rencontre revendiquée entre Marvin Gaye et Sébastien Tellier éclaire l’une de ses méthodes : laisser une idée de départ se transformer au contact des interprètes. Harpe, cordes, chœurs et section rythmique composent ainsi un entourage auquel le chanteur reconnaît un rôle essentiel dans son plaisir de s’écouter…

Du scratch aux chansons

Photo Peder
© Peder

Peder présente volontiers son parcours avec ses glissements de terrain : DJ de scratch, remixeur des Beastie Boys, chanteur, réalisateur, compositeur pour l’image avec son ami Asger Baden, notamment pour Breaking Bad et Better Call Saul. Pour décrire sa musique, il convoque lui-même une image singulière, celle d’un bal des années 1950, poussiéreux et parfois jazzy, qui se tiendrait dans un doux cauchemar. La formule donne un point d’entrée dans son imaginaire, entre souvenirs de chansons et étrangeté du décor. 7, annoncé comme son septième album solo, prolonge donc ce parcours avec onze titres, solidement encadrés par Hello No. 7 et Goodbye No. 7.

Apprendre à aimer sa voix

Dans ses publications qui accompagnent les singles, Peder parle assez peu de grandes intentions. Il raconte plus concrètement ce que les autres apportent à ses morceaux. À propos du deuxième extrait, il remercie Moo Latte pour la composition, les instruments et particulièrement les cordes ; Rachel Kitchlew pour la harpe ; Shield pour la batterie et la composition ; Rasmus Elk Olsen pour les paroles. S’ajoutent les voix d’Epoch House Choir et le jeu de Peter Fuglsang. L’énumération peut ressembler à de simples remerciements, elle prend cependant un autre sens lorsqu’il explique que cet entourage lui permet enfin de prendre plaisir à entendre son propre chant.

« C’est comme si ma petite voix avait enfin été entourée de tant de belles choses que je prends plaisir à l’écouter. »

– Peder (à propos du deuxième single)

Marvin Gaye rencontre Sébastien Tellier

Avec Tellier Plays It Cool, la fabrication devient plus explicite encore. Au commencement, raconte Peder, il y avait un petit arpège sombre. Puis Asger Baden, Per Møllehøj, Kristoffer Sjelberg et Anders « AC » Christensen se sont emparés du morceau. Le résultat lui a évoqué la rencontre entre deux de ses titres favoris : “T” Plays It Cool de Marvin Gaye et La Ritournelle de Sébastien Tellier. Le nom du morceau conserve la trace de ce rapprochement. L’anecdote éclaire surtout une manière de composer. Apporter un motif, réunir des musiciens, puis accueillir ce que leur jeu fait apparaître.

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Les noms, les présences

Photo Peder
© Peder

D’autres intitulés ouvrent des pistes que Peder laisse moins documentées : In Memory Of Mr. Lynch, What Is Your Name? (Ezra) ou I Look To The Sky, avec Matheo. Inutile de leur imposer un récit commun. Le disque dispose déjà d’un fil concret dans les collaborations qui le traversent. Lors de sa sortie, Peder a d’ailleurs tenu à souligner que cette musique était jouée par de véritables personnes : « derrière 7, il y a des interprètes nommés, du temps partagé et un chanteur qui reconnaît ce qu’il leur doit ». Des musiciens en chair et en notes, dans un bien bel écrin. 

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