Depuis une expatriation à Baltimore en 2009, Céline Domas construit une photographie nourrie de voyages, de solitude et de questionnements intimes. Avec Perfect Gloomy World et Unsaid, elle explore les lieux autant que les émotions qui nous y attachent. Une démarche où l’obscurité, le féminin et les silences occupent une place centrale
Marcher pendant des heures, attendre qu’une émotion survienne, accepter de ne pas tout expliquer : Céline Domas décrit une pratique photographique attentive à ce qui se passe en elle autant qu’à ce qui l’entoure. Ses images prennent leur source dans des lieux réels, mais leur récit reste ouvert. Chacun peut donc y entrer avec ses souvenirs, reconnaître une sensation, prolonger une histoire dont il ne possède pas toutes les clés…
Baltimore, début d’un engagement
Le premier appareil arrive à 10 ans. Dans un entretien publié par Positif, Céline Domas se souvient des photographies de vacances, des pellicules déposées chez le photographe, puis de l’attente avant de découvrir les résultats… C’est lors de son installation à Baltimore, en 2009, que la photographie devient un engagement personnel, un cheminement notamment lié à plusieurs expériences : les voyages, plus de 20 ans de danse et son métier de sage-femme. L’identité, le corps et la place des femmes appartiennent ainsi à l’histoire de son regard.
L’obscurité pour point de départ
Pour Perfect Gloomy World, Céline Domas évoque son attirance pour les ambiances sombres et les phénomènes qui enveloppent les lieux, jusqu’à en effacer certains détails. La solitude qu’elle recherche est choisie ; la marche et la contemplation précèdent la prise de vue. À propos du livre, le critique Fabien Ribery relève des paysages naturels et urbains, des routes, des arbres isolés, des lumières nocturnes. Il rapproche cet ensemble du romantisme allemand et de l’univers de Todd Hido, que la photographe cite parmi ses influences, ainsi que Klavdij Sluban, dont une exposition découverte à Arles en 2011 l’a profondément marquée.
« Finalement, je ne suis qu’une ombre parmi d’autres. »
– Céline Domas (Corridor Éléphant).
Unsaid, approcher le non-dit
Le silence prend une dimension plus directement personnelle dans Unsaid. Céline Domas y évoque ses filles devenues adultes, les femmes rencontrées et les paroles restées en suspens. Présentée notamment par L’Œil de la Photographie et 9 Lives, cette série aborde l’intime et le féminin à partir de son propre vécu. Son ancien métier de sage-femme constitue un autre élément de ce parcours, sans toutefois suffire à expliquer son œuvre. Dans son entretien avec Positif, elle distingue la rigueur et les protocoles appris dans cette profession du lâcher-prise découvert avec la photographie ; deux expériences qu’elle inscrit dans une recherche d’équilibre.
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Des photographies à habiter
Publié en 2025 par Corridor Éléphant, Perfect Gloomy World rassemble 52 photographies sur 80 pages, dans un format horizontal de 21 × 15 cm. Le livre donne une continuité à cette exploration. Sur le site de l’éditeur, Céline Domas précise que la fiction intervient dans son travail à partir d’une réalité vécue, nourrie de cinéma, de musique, de danse et de littérature. Elle laisse ensuite au lecteur la possibilité de s’approprier le récit ; une manière simple d’aborder ses photographies : prendre le temps de regarder, puis revenir à celles qui continuent de nous accompagner.




































