Pour sa première sortie sur Cyphon Recordings, le Suédois Obergman présente Periodic Motion. Quatre morceaux aux saveurs electro, acid et techno, dont les titres empruntent à la physique et à l’astronomie
Obergman rejoint Cyphon Recordings avec Periodic Motion, un EP de quatre titres prolongeant ses recherches entre rythmiques de machines, mélodies et atmosphères nocturnes…
Une trajectoire suédoise
Originaire de Stockholm, Obergman développe depuis les années 1990 une musique au croisement de l’electro, de l’acid et de la techno. Sa biographie situe une première parution chez Skam en 2001, avant des sorties sur Stilleben, Abstract Forms, Börft, Brokntoys ou Craigie Knowes. Son parcours relie plusieurs foyers de l’électronique indépendante, avec une attention particulière portée à la programmation rythmique et aux multiples possibilités mélodiques des synthétiseurs.
Une pulsation tournée vers Detroit
Periodic Motion marque ses débuts sur Cyphon Recordings. Le titre Many Body Problem ouvre le disque sur une pulsation à quatre temps, portée par des percussions de 808, des touches acid et des accords chaleureux. Si le morceau-titre conserve cette assise rythmique, il déplace l’accent vers une basse sensiblement plus rugueuse, avec des références electro aux musiciens électroniques de la ville de Detroit. Deux propositions qui annoncent une recherche commune : associer mouvement dansant et espace mélodique.
« Quatre titres, un même imaginaire : des corps en mouvement et des machines pour en tracer les trajectoires » – Houz-Motik
Réduire les éléments, prolonger le mouvement
Sur la seconde face, Lagrange Invariant resserre le dispositif autour d’une basse et d’arpèges hypnotiques. Dark Matter Halo fait ensuite intervenir une ligne de TB-303 parmi des nappes assez lointaines et une ambiance glacée. Toutefois, l’on sent une retenue et de la légèreté sur ces deux morceaux : des éléments peu nombreux, dont les interactions doivent entretenir la progression et l’atmosphère.
Problème à plusieurs corps, mouvement périodique, invariant de Lagrange, halo de matière noire : les quatre titres dessinent un vocabulaire scientifique cohérent. Sans indication de l’artiste sur leur signification précise, ils peuvent se lire comme un imaginaire du mouvement, des forces mais aussi des relations. Une manière d’accompagner cette musique de machines, dont la présentation privilégie les équilibres entre répétition et variations, avec une belle profondeur.