EP WATCHING BACK

« Watching Back EP », de Marina Trench : variations autour du groove

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Avec Watching Back EP, Marina Trench signe un retour structuré et lisible. Quatre titres, une trajectoire claire : passer de l’intime au dancefloor sans rupture, en consolidant une identité déjà installée

EP cohérent et maîtrisé, Watching Back sort le 8 mai 2026 sur son propre label, Sweet State, et déroule une trajectoire claire de l’intime vers le club, entre downtempo mélancolique et house soulful efficace. Marina Trench y confirme son savoir-faire et son sens du groove, sans chercher à sortir d’un cadre qu’elle contrôle parfaitement…

Une ouverture introspective, presque en retrait

Photo Marina Trench
Marina Trench © Hugo Lascoux

Le disque s’ouvre sur What I Do, morceau le plus smooth du lot. Tempo ralenti, basses profondes, nappes légèrement brumeuses, l’ensemble installe un climat introspectif, suspendu. Noyée dans la réverbération, la voix ne cherche pas à s’imposer, elle flotte, comme un élément parmi d’autres. Un choix classique dans les codes R&B, downtempo ou textures ambient. Si ce n’est pas là que l’EP se distingue le plus, cette entrée fonctionne comme un point d’ancrage, une ouverture sur des travaux plus intimes.

House directe, sans nostalgie appuyée

Get High (If You’re Looking for Love) bascule clairement vers le cœur du projet. Le groove est immédiat : batterie offbeat, basse ronde, dynamique souple mais constante. On est dans une house soulful maîtrisée, et pas surchargée. Ce qui fonctionne ici, c’est la lisibilité. Pas de layering excessif, les éléments respirent. Les claviers progressent lentement, la voix agit comme un motif répétitif, presque hypnotique. Le morceau ne cherche pas à réinventer le genre ; il s’inscrit dedans avec précision, comme un hommage aux productions house des années 90.

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Point de bascule : efficacité et écriture

Photo Marina Trench
Marina Trench © Hugo Lascoux

Shake Zone marque un changement plus net. Le morceau accélère et devient frontal. La basse disco, les accords rythmiques et la voix de Yaje apportent une dimension plus immédiate, presque pop dans sa structure. C’est probablement le titre le plus évident du disque, le plus efficace. Là où les deux premiers morceaux installaient une ambiance, celui-ci déclenche autre chose, une tension simple, orientée vers le mouvement. La version Instrumental Club Mix prolonge cette logique en épurant le morceau. Moins narratif, plus fonctionnel, il accentue les éléments clés, percussions, bassline, boucle vocale. Le résultat est plus direct, pensé pour le mix, mais sans perdre son identité. Marina Trench affine ici son langage, plutôt qu’elle ne le bouscule.

Buy Me A Coffee

Fondateur de Houz-Motik, Cyprien Rose est journaliste. Il a été coordinateur de la rédaction de Postap Mag et du Food2.0Lab. Il a également collaboré avec Radio France, Le Courrier, Tsugi, LUI... Noctambule, il a œuvré au sein de l'équipe organisatrice des soirées La Mona, et se produit en tant que DJ.

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