Avec Amaimono (Japanese Exclusives and Rarities), Mocky rassemble vingt-huit morceaux jusqu’ici dispersés : bonus japonais, faces B, titres partagés sur SoundCloud et remixes inédits. Une porte d’entrée dérobée dans son parcours, nourrie par plus de vingt ans de complicité avec le public japonais
Mocky réunit ses raretés japonaises et quelques archives dans une collection de vingt-huit titres, avec des contributions de Chilly Gonzales, Miguel Atwood-Ferguson, Sunni Colón et Matthew Herbert…
Une histoire particulière avec le Japon
Producteur, compositeur, interprète et multi-instrumentiste canadien, Mocky a développé une œuvre qui circule entre plusieurs langages musicaux. Au Japon, cette liberté lui a valu un accueil durable, entretenu par les tournées et les éditions locales de ses disques. Dès ses premiers albums, puis avec Saskamodie en 2009 et son orientation plus acoustique, marquée par le jazz, des versions spécifiques ont accompagné cette relation. Leurs morceaux supplémentaires composent aujourd’hui une partie de la matière d’Amaimono.
Réunir ce qui était dispersé
En japonais, le titre signifie « douceurs » ou « choses sucrées ». Il désigne ici une collection qui dépasse les seuls bonus destinés à ce marché : Mocky y présente des faces B de vinyles, des morceaux diffusés sur SoundCloud et des remixes restés jusqu’alors dans ses archives. L’intérêt documentaire est concret : réunir dans une même publication des pièces dont l’accès dépendait jusqu’alors d’une édition, d’un support ou d’un détour dans sa discographie.
Avec Amaimono, les marges de la discographie deviennent un chemin pour la parcourir autrement – Houz-Motik
Les morceaux et leurs autres vies
Plusieurs titres permettent d’aborder le travail de Mocky à travers ses transformations.Désirée apparaît sous deux formes : une version intitulée « Chilly Gonzales and Miguel Atwood-Ferguson Stems », puis un « Bloom Edit » signé Sunni Colón. Tomorrow Maker bénéficie de remixes de Matthew Herbert et de Lucky Paul, tandis que P. Morris reprend Head in the Clouds. When You Laugh revient en « Redux Edit » et Put It in a Song Part 3 en « I Own It Remix ». Autant de pistes pour explorer la façon dont une composition se prolonge au contact d’autres musiciens et producteurs.
La sélection offre également des formats brefs, comme Free Gospel ou Hanging OOT, ils cohabitent avec de longs remixes comme le « Sunshine Dub Remix » du titre Tomorrow Maker par Matthew Herbert, avec presque onze minutes… Entre les deux figurent notamment Humblesapiens, Saskafornia Dreaming, Little Victories et le morceau-titre Amaimono (Sweet Things). Cette diversité de formats donne à cette compilation une fonction complémentaire aux albums : rendre accessibles des essais, des variantes et des pièces périphériques qui participent, eux aussi, à l’histoire d’un artiste.