Sur Different Horizons, Electric Rescue réunit Abd Al Malik, Gaspar Claus, Amélie Nilles et Boscaro autour de 14 morceaux ; l’album ouvre son univers aux voix et aux explorations atmosphériques, avec le rythme pour fil conducteur
Un album qui laisse le temps de développer des idées, d’organiser des rencontres, de ménager des respirations. Pour ce 8e long format, Electric Rescue rassemble plusieurs dimensions de son travail : l’énergie des clubs, le goût des textures et une pratique collective entretenue depuis longtemps. Different Horizons propose ainsi plusieurs portes d’entrée dans un parcours largement associé à la techno française…
Une autre échelle de temps

Paru le 23 octobre 2026 chez COD3 QR, le label de Laurent Garnier et Oliver Way, le disque commence avec Screen As Window On World et s’achève sur le morceau-titre. Entre les deux, des collaborations ponctuent les productions en solitaire, dans une progression où les arrangements se densifient, puis se dégagent, laissant apparaître des éléments mélodiques et des passages plus amples. Cette construction donne au format album sa raison d’être : suivre les changements d’intensité, prendre le temps des transitions et découvrir ce qui relie les morceaux au-delà de leur efficacité individuelle.
La rencontre comme méthode
Avec Abd Al Malik et Gaspar Claus sur Les Démons Périodiques, Amélie Nilles sur Imperfection ou Boscaro sur Bréhat, Electric Rescue multiplie les occasions de déplacer sa musique. Her Voice, qui le réunit à Claus et Boscaro, donne à cette ouverture une forme plus intime : une voix répétée s’expose au milieu des détails électroniques, portée par une pulsation discrète mais tenace. Le rythme entretient la tension, tandis que les arrangements laissent à la fragilité le temps de prendre davantage de place.
« J’adore ça partager avec des artistes, apprendre d’eux et leur donner beaucoup. »
– Electric Rescue (E-Kwality Radio, 20 janvier 2025).
Des couleurs dans la mécanique
De Colors Community aux respirations de Ce Violent Silence et du Marais, l’album fait varier la pression. Les percussions se fragmentent, les textures s’épaississent puis se dissipent, laissant affleurer les mélodies. Bréhat et Cancale prolongent cette ouverture avec des passages plus atmosphériques. Ces changements de densité donnent du relief à l’ensemble : les séquences les plus physiques gagnent en impact au contact des moments de suspension, sans que chaque morceau cherche à provoquer le même effet.
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La curiosité reste le moteur

Dans son entretien avec E-Kwality Radio, Electric Rescue évoquait déjà, pour son projet Re.kod, les enregistrements de terrain, les objets détournés et le travail avec des instrumentistes, chanteurs et rappeurs. Different Horizons rassemble aujourd’hui plusieurs de ces pratiques. L’intérêt est là : découvrir comment un artiste poursuit ses recherches après 36 ans de parcours, en laissant aux rencontres la possibilité de déplacer sa musique. Aussi riche qu’ouvert, cet opus rappelle combien les musiques électroniques ont élargi nos horizons depuis les premières raves. De quoi rassurer tout le monde, ou presque : certaines autorités semblent encore trouver la jeunesse un peu trop nombreuse à danser.



